Après l’effervescence des célébrations de la Songkran à Chiang Mai, nous continuons nos explorations mais dans une toute autre ambiance. Cap sur la ville d’Ayutthaya au nord de Bangkok, autrefois capitale florissante du Royaume du Siam, aujourd’hui cité perdue un peu à l’écart des circuits touristiques.

Allez, on saisi notre chapeau et notre lasso, on saute dans le premier train en partance, et bien sur en fredonnant les sept célèbres notes de la musique de John Williams.
En mode local
Vingt bahts ! Quand l’employée de gare nous annonce que le billet de train pour Ayutthaya coûte cinquante centimes d’euro, nous comprenons de suite que nous n’allons pas voyager en mode Orient-Express. Effectivement, le train de troisième classe, non climatisé, est annoncé avec un retard indéterminé suite à des soucis techniques.

Nous quittons finalement le terminal flambant neuf mais sans âme avec une bonne heure de retard. Malgré la chaleur qui a transformé le train en véritable sauna, on trouve ça bien sympa de voyager en mode local.
Petit moment très drôle quand le chef de bord, en uniforme serré malgré la chaleur, monte encore en température en réalisant que la porte de fonctionne pas et qu’il va devoir faire grimper en urgence les nouveaux passagers agacés et qui tambourinent par un autre wagon.

Un peu plus d’une heure à parcourir la pampa, puis c’est l’arrivée dans la petite gare d’Ayutthaya. Parmi les passagers qui débarquent, une poignée de visiteurs avec lesquels nous allons traverser le Chao Phraya, l’immense rivière qu’on retrouve aussi à Bangkok.


De l’autre côté c’est désert, il fait trop chaud. Petite halte dans une cantine chinoise pour grignoter et profiter d’un peu de clim, puis nous marchons jusqu’à notre hébergement qui se trouve aux portes de ce qui reste de l’ancienne capitale.

check-in au Luang Chumni Village
Nous avons pris nos chambres au Luang Chumni, charmant petit village en bois complètement atypique et qui propose des logements traditionnels thaïs . Pour un peu plus de 35 euros la nuit avec le petit dej, ç’est une bonne trouvaille.

Car oui les amis, là où le peu de touristes qui font le déplacement passent en coup de vent, nous avons décidé de prendre notre temps et de découvrir la petite ville à la cool, en mode sabaï sabaï.
Le temps de récupérer les chambres et de checker que la clim fonctionne, on drope les sacs et on file vers la vieille ville.
La cité perdue
L’après midi est déjà bien avancé quand nous arrivons dans ce qu’il reste de l’ancienne capitale du Siam. La lumière dorée de la fin de journée fait rougeoyer les briques sur fond de ciel bleu.

Quatre siècles de prospérité
Il faut imaginer Ayutthaya il y a quelques siècles, à la croisée des routes commerciales entre la Chine, l‘Inde, l’Europe et le Moyen Orient. Fondée en 1350, la nouvelle capitale du Siam va devenir rapidement l’un des centres culturels, politiques et commerciaux les plus puissants d’Asie du Sud-Est.

Une ville immense qui va compter jusqu’à un million d’habitants, et dont la diversité des échanges va favoriser la création artistique. Des marchands venus de Chine, du Portugal, du Japon, de Perse ou encore de France (les farangs) y installent leurs comptoirs, mêlant les influences, et participant à faire d’Ayutthaya l’une des capitales les plus cosmopolites d’Asie.

Un centre important de la diplomatie aussi : les grandes puissances étrangères y installent des comptoirs officiels. Le roi d’Ayutthaya aura même un ambassadeur à la cour de Louis XIV, devenu une véritable star au château de Versailles.

Et puis la bagarre avec une Birmanie en pleine expansion et la ville sera complètement détruite. Le centre du pouvoir va se déplacer pendant quelques années, jusqu’à fonder sa nouvelle capitale dans une ville que l’on commence à bien connaitre si vous suivez ce blog (et le précédent) : la belle Bangkok.
Les temples
Les amis, comme toujours ici, les grandes capitales historiques regorgent de temples. Beaucoup sont aujourd’hui en ruines, ce qui donne à la balade une petite ambiance aventure. Pour votre visite je ne vais pas être bien original, je vais vous en proposer trois parmi les plus emblématiques : Wat Mahathat, Wat Ratchaburana et Wat Phra Si Sanphet.

Allez, on a le temps de s’en faire deux avant la nuit.
Wat Mahathat,
L’un des plus importants de la ville car il abritait des reliques de Bouddha, il était directement relié au pouvoir royal et c’est là que se tenaient les cérémonies majeures. Si vous ne devez en saluer qu’un, c’est sans doute celui-ci.

Alors la photo zen ci-dessus est presque une exception les amis, car chaque fois qu’on trouve une tête de Bouddha dans un musée ou ailleurs en occident, il y a quelque part en Asie une statue décapitée.

Paradoxalement, c’est une tête de Bouddha du Wat Mahathat qui est devenue le symbole de la ville dans le monde. Sans doute coupée par les birmans pendant le saccage de la ville puis abandonnée, elle est aujourd’hui emprisonnée dans les racines d’un figuier, et les quelques visiteurs ne manquent pas de venir la saluer.

Alors on pourrait parler « d’image d’Epinal », de « nature qui a repris ses droits » ou encore de « musée à ciel ouvert », mais je préfère laisser cela aux guides touristiques en mal d’inspiration.
Après une bonne heure à parcourir ces témoignages d’un passé glorieux mais révolu, on file juste à coté visiter l’autre incontournable.
Wat Ratchaburana
A la foi un lieu de culte et un crématorium, l’ancien temple au style khmer flamboie sous le soleil couchant. À la disparition du roi, deux princes vont s’affronter à dos d’éléphants pour la succession, et vont tous les deux mourir lors du duel. Devenu roi, le troisième frère fait alors construire le Wat Ratchaburana à l’endroit même de leur crémation.



Comme chez le célèbre voisin, la balade entre les vieilles pierres est particulièrement zen. Il y a peu de monde, en tout cas moins il me semble que lors de ma dernière visite il y a une presque dix ans.

La nuit tombe plus tôt que chez nous ici, il est temps d’aller se sustenter.
Une soirée chill
Le peu de touristes est reparti sur Bangkok ou a tracé sa route, nous nous retrouvons dans une ville complètement chill. Avec la température qui baisse un peu, les gens du coin sortent enfin se balader le long des trois rivières qui entourent la ville.

Des passionnés se retrouvent pour faire voler des oiseaux multicolores, de la pop thaï et des odeurs de cuisine commencent à monter des petites maisons autour.
Un long night market s’est installé près du parc historique. Il est tellement long qu’il a sans doute sa propre capitale. Et on y trouve tout sauf… ce que l’on cherche ce soir : une spécialité de la ville : des rotis (encore) fourrés de filaments de sucre colorés qui rappellent nos barbes à papa.


On va se rabattre sur l’autre spécialité du coin : les crevettes géantes de la Chao Phraya. Nous trouvons un resto sympa qui les sert grillées au barbecue. La serveuse est ravie d’avoir des farangs en soirée, elle nous prend en photo et nous balance direct sur Insta.

Cerise sur le khao (le riz en thaï), elle me sert une Chang, la bière éléphant, dans un verre givré en forme de tête de mort. Avec le givre, le verre semble totalement fantomatique.

Vous pensez vraiment qu’à mon âge je peux encore être sensible à ce genre de détail ? Et ça parce que je l’ai photographié plus de dix fois ?
Une top journée, il est temps de regagner nos quartiers.
Retour à Bangkok
Si le boss du village Luang Chumni est peu bavard, sa cuisinière (qui est peut-être aussi son épouse) a de la gouaille. Elle ne nous autorise à quitter les lieux que lorsque nous ne pourrons plus rien engloutir de son petit dej.

Nous décidons de continuer un peu notre visite des vestiges, à commencer par le Wat Phra Si Sanphet, le plus grand temple de la ville, dont les trois chedis (les tours pointues) contiennent les cendres de trois rois de la grande époque.



Il fait très chaud, nous pensons un moment repartir à la recherche des fameux rotis sucrés, mais avec le petit dej du matin nous n’avons vraiment pas faim. Au final, nous prenons la direction de la gare pour rentrer sur Bangkok. Le billet de retour est encore moins cher, 17 bahts, car si le train reste rudimentaire, il va mettre cette fois près d’1h30 pour rejoindre la capitale.


Les amis, je vous propose nous mettre un peu dans l’ambiance avec une petite video.
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Pour ceux qui ont loupé la première partie, vous pouvez revivre ici les célébrations de la Songkran à Chiang Mai
Les amis, on en reste là avec cette chouette escapade dans l’ancienne capitale du Royaume du Siam. Il reste un épisode à notre trilogie thaï, ce sera Bangkok, un petit peu en dehors des circuits touristiques.
Bon week-end du 1er mai, khop khun khap.
Khun Nico