Après Chinon et la Loire, on continue de profiter de ce bel été mais en poussant cette fois l’exploration aux confins de l’Europe. Direction Istanbul, la ville millénaire à cheval sur deux continents, pour quelques jours en immersion dans l’ancienne capitale des empires romain et ottoman.

Trois heures de vol depuis Paris, un transfert offert par le logeur dans une fourgonnette tunée qui se faufile dans les rues en échappant aux bouchons, et qui nous dépose au pied de notre hébergement sur les hauteurs de Galata (rebaptisée Karaköy). La citadelle médiévale trône au nord de la corne d’or, le bras de fleuve qui la sépare de la vieille ville, l’ancienne Constantinople.

L’appart est idéalement situé, dans une rue très bohème bordée de cafés équitables un peu bobo hipster. Un camp de base situé à deux pas de la tour Galata et de son animation, mais surtout proche du pont de Galata qui vous emmène directement dans la ville historique.
Le temps de récupérer les clés et de jeter les sacs, direction le fleuve et la vieille ville.
Alors j’ai décidé de ne faire qu’un article qui risque du coup d’être un peu long, je vous colle une table des matières histoire de pouvoir y revenir à votre rythme (et donc de faire monter mon nombre de vues 🙂 )
Istanbul, premier contact
Lorsque nous arrivons, le pont est déjà baigné des lumières d’un soleil qui commence à décliner. L’immense ouvrage traverse la corne d’or, le nom donné à l’estuaire des deux rivières qui se jettent dans le Bosphore.


le Pont de Galata et la vieille ville
Sur la partie supérieure du pont, une foule de pécheurs se bagarre avec les poissons du fleuve, sous l’œil gourmand de centaines de mouettes qui demandent leur reste. Au-dessous, on trouve des restaurants de grillades et de poissons qui parfument les lieux.

Sur le port nous découvrons le bouillonnement de la vieille ville. Une foule cosmopolite est massée sur les bords pour profiter du bazar qui va bientôt fermer et des échoppes qui vendent de la street food.

La Turquie est un pays laïque mais de culture musulmane, on croise sur les quais des gens vêtus à l’occidentale comme des personnes portant des habits plus traditionnels ou religieux.

Le bazar
Les vendeurs d’épices, de fruits secs, et de pâtisseries qui vous font grossir rien qu’en les regardant, finissent leur journée. Si l’endroit dégage une certaine énergie, il est étrangement peu bruyant. Ici les commerçants ne crient pas vraiment pour ramener les derniers clients, ils invitent poliment les touristes à rentrer visiter leur boutique, sans jamais insister.



Au passage, la monnaie c’est la livre turque. Grosso modo pour un euro vous aurez 45 livres turques.
les balik ekmek
En revenant sur le port nous remarquons une longue file d’attente devant un petit boui-boui. Renseignement pris, l’échoppe est un vendeur de balik ekmek, les fameux sandwichs (ou wraps) au maquereau dont ici tout le monde raffole. Et par un heureux hasard nous tombons sur l’une des références : Yilmaz Usta.

Bon les amis, il faut être patient car les gars vont devoir passer plusieurs tournées avant que notre tour n’arrive, mais ça valait le coup d’attendre : le mélange poisson, épices et herbes est une tuerie.

Le wrap coute autour de 5 euros, vous pouvez vous installer en terrasse. Si vous allez à Istanbul ne passez pas à coté de cette pépite.

Direction ensuite le cœur de la vieille ville pour jeter un œil de nuit aux incontournables que sont la Mosquée Bleue et Sainte Sophie, mais nous verrons cella demain. Il est 22 heures quand nous retournons sur Galata et il nous faut trouver un endroit pour diner, une top première expérience stambouliote.

Jour 1 – La vieille ville et Topkapi
Première journée, direction le quartier de Sultanahmet, le cœur de l’ancienne Constantinople, pour aller découvrir les trésors du patrimoine stambouliote. Nous repassons à pied le pont de Galata qui semble beaucoup plus calme à la lumière du matin.


De l’Empire Romain d’orient à l’Empire OTTOMAN
Pour comprendre la ville on va potasser un peu son histoire, et on va aller vite. A l’antiquité, l’empire Romain était si vaste qu’il était ingouvernable, du coup il a été scindé en deux : l’empire Romain d’occident avec comme capitale Rome, et l’empire Romain d’Orient avec comme capitale l’ancienne ville grecque Byzance, renommée Constantinople par les romains.

Si l’empire romain d’occident a été balayé par les invasions barbares à la fin du 5ème siècle, l’empire romain d’orient lui a survécu pendant presque mille ans. Se battant à ses frontières contre les barbares, les arabes, les perses, les russes et plein d’autres, ce sont finalement les turcs qui en 1453 vont faire chuter Constantinople qui va devenir la capitale de l’empire Ottoman. Un empire puissant qui finira par s’effondrer après la 1ere guerre mondiale, pour laisser la place à la république de Turquie.
Aujourd’hui si Istanbul reste la ville majeure de Turquie, la capitale est Ankara
Le palais de Topkapi
Construit par les sultans Ottomans après la prise de Constantinople, le palais de Topkapi fait partie des incontournables de la ville. Comptez une bonne demi-journée car le complexe est immense.

Le complexe est une succession de cours et de bâtiments construits sur plusieurs siècles. C’est aujourd’hui un musée de l’empire Ottoman, et il y a donc beaucoup de choses à voir, souvent sous vitrine ce qui n’est pas trop ma came car je préfère voir les bâtiments dans leur jus.



Point positif, le palais possède des terrasses qui offrent une vue magnifique sur la corne d’or et le Bosphore. Allez, il commence à faire faim, on sort déjeuner dans la vieille ville.
Kebap and Co
On s’arrête dans une institution de la vieille ville, Turgut Sikerci, qui propose entre autres une belle carte de grillades, les fameux kebap. On a reçu un top accueil, de façon générale les établissements stambouliotes sont accueillants et offrent souvent quelque chose (thé, dessert).

Parmi les incontournables on trouve le ayran, la boisson à base de yaourt fouetté et qui se marie bien avec les plats un peu épicés. Une belle et longue pause dej, et nous partons nous perdre dans le dédale des bazars.
Le grand bazar
Un des plus grands et des plus vieux marchés du monde, le grand bazar fait partie des indispensables à toute visite qui se respecte. L’immense marché couvert et les petites ruelles autour est sans doute l’un des quartiers les plus animés de la ville.

Thés, épices mais aussi fringues et objets d’arts, on trouve de tout dans ce labyrinthe qui part du pont de Galata et monte sur les hauteurs ; jusqu’au cœur de l’ancienne Constantinople.

On se pose pour une pause kahve dans une institution du grand bazar et on ne s’éternise pas, les temples du shopping n’ont jamais été ma tasse de çay.
la Mosquée de Solimane 1er
Proche du quartier des bazars on peut trouver la superbe mosquée de Solimane 1er, l’un des sultans les plus puissant de l’empire Ottoman. Cette mosquée est un peu à l’écart de la zone touristique, et il y a donc beaucoup moins de monde qu’à Sainte Sophie ou à la Mosquée Bleue que nous verrons demain.



Le second intérêt de ce lieu est la superbe vue qu’elle offre depuis sa terrasse sur la Corne d’Or et le quartier de Galata.
Après une longue journée à crapahuter, retour à Galata pour passer la soirée.
La Ville des Chats
En arpentant les rues d’Istanbul, vous serez certainement surpris du grand nombre de chats errants. Les chats sont l’un des symboles de la ville, ils sont chouchoutés par les habitants qui les nourrissent et leurs mettent même à dispo des petits abris en bois pour crécher.



Jour 2 – La carte postale et la bohème
Ayant énormément marché depuis notre arrivée, nous décidons de passer à l’Istanbul Card, sorte de Navigo (ou Oyster card pour faire plus branché londonien) permettant de prendre les bus, métros, tramways, et même les bateaux qui sillonnent la Corne D’or et le Bosphore.


Retour en métro à Sultanahmet, le cœur de la l’ancienne Constantinople, pour saluer les pépites qui trône sur les hauteurs.
Sainte Sophie, la Mosquée Bleue et la Citerne
On commence par l’emblématique Sainte Sophie, vieille de 1500 ans. L’ancienne église de Constantinople est aujourd’hui une mosquée réservée aux musulmans, mais la partie supérieure est ouverte à la visite pour tout le monde.

Pour la visite, prenez le ticket de base qui coute déjà 25 euros car le ticket « grand tour » est hors de prix et n’apporte rien. A l’intérieur vous pourrez voir entre autres des mosaïques qui datent de l’empire romain d’Orient,



Attention les amis, pour visiter les lieux de culte il faut respecter un certain dress code. Si dans beaucoup d’endroit on vous prête à l’entrée un voile et de quoi masquer épaules et jambes nues, à Sainte Sophie vous devrez l’acheter (petit clin d’œil)
En sortant, vous n’avez qu’à traverser la grande place pour aller saluer l’autre pépite, la Mosquée Bleue qui fait face à Hagia Sophia. Pour le coup c’est une mosquée en exercice, c’est donc gratuit et ouvert à la visite en dehors des heures de la prière.


Vous ne pouvez pas quitter les lieux sans avoir visiter un endroit complètement insolite, la Citerne Basilique. Construite à l’époque de Sainte Sophie, elle approvisionnait en eau le Grand Palais de Constantinople. Normalement il y a pas mal d’attente, mais l’amiga qui est débrouillarde a trouvé un passage pas si secret si vous vous renseignez, et nous y sommes rentrés en moins de 5 minutes.

C’est sans doute l’endroit qui m’a le plus surpris, ne faites pas l’impasse là-dessus lors de votre visite.
Cette tournée des incontournables nous a pris toute la matinée, on déjeuner sur le port et on file découvrir l’Istanbul bohème.
Les quartiers Bohèmes
Les amis, si vous lisez ce blog vous savez que ce que j’aime avant tout ce sont les quartiers bohèmes et alternatifs. L’Istanbul alternatif existe certainement mais je ne l’ai pas trouvé, par contre nous avons découvert au moins un (deux en comptant la citadelle où nous créchons) quartier bohème, on y va et en plus en bateau.
Un autre avantage de choisir Galata comme quartier de résidence est que vous êtes très proche du grand embarcadère de Karaköy qui vous permet de vous projeter vite partout en bateau.

Direction les quartiers de Balat et Fener, les anciens quartiers grecs, juifs et, dans une moindre mesure, arméniens.
Alors je me suis dit qu’on pouvait peut-être visiter ici un musée du génocide arménien et des exactions sur les orthodoxes grecs au siècle dernier mais je ne l’ai pas trouvé, nos amis turcs ne l’ont sans doute pas encore construit.
Balat et Fener
Avec leurs maisons colorées, leurs petits cafés et plus globalement leur douceur de vivre, ces anciens quartiers des minorités chrétiennes et juives sont aujourd’hui un incontournable de toute escapade stambouliote.

Dans les cafés, qui font partie de la culture locale, on se pose pour jouer ou refaire le monde. Dans le nôtre il y avait un orateur volubile, et les autres qui faisaient semblant d’écouter.

Le quartier est super agréable, outre les cafés on y trouve de nombreuses petites boutiques, comme ce spécialiste des sodas artisanaux aux saveurs d’antan, et qui fait le plein.



En plus de la dolce vita qui y règne, les quartiers sont hyper photogéniques, indispensable pour soigner son mur Insta et son nombre de followers.

La balade prend quelques heures, comme partout dans Istanbul vous allez affronter des bonnes montées et des descentes vertigineuses. De quoi travailler un peu le cardio et s’ouvrir l’appétit pour la suite de la journée.


Allez il se fait faim, on reprend le bateau, et on se fait la balade en video.
Apero time
Retour au quartier Galata pour passer la soirée, et l’apéro ici c’est le raki, l’alcool anisé. On peut accompagner avec du şalgam, sorte de jus de navet + carotte + betterave, en alternant les deux verres. Vous connaissez ma curiosité pour les cultures locales, je me suis empressé d’essayer.

Coté Galata il y a pas mal de rooftops, sympa pour terminer la soirée. Certains sont cosys et passent souvent de vieilles chansons françaises, d’autres sont plus branchouilles avec DJ et musique électro… Difficile de se faire une idée à l’avance, c’est la surprise quand vous débarquez.
Jour 3 – L’Asie
Troisième et dernier jour, nous prenons le bateau cette fois direction de l’Asie car vous le savez peut-être et encore plus si vous avez lu le titre de ce blog : Istanbul est à cheval sur les deux continents.

Nous débarquons au marché de Kadıköy. Le quartier est connu pour son street art, ses cafés littéraires et ses lieux culturels, mais on est dimanche et en plus il y a une manif.


La police a coupé le quartier en deux, et nous nous reprouvons bloqués à attendre que la petite manif passe. Au passage j’ai trouvé qu’ici la police était beaucoup moins nerveuse qu’à Paris, après je ne sais pas qui a défilé et pour quoi, c’était peut-être des partisans du pouvoir en place.

Nous déjeunons sur place et retour à Galata pour profiter une dernière fois de la vieille ville et de notre super quartier.

Galata, le quartier bohème
C’est donc le district dans lequel nous avons (presque) par hasard posé nos sacs. Le petit quartier médiéval, qui s’entoure autour de la tour Galata, sépare la ville moderne de la corne d’or et de la ville historique.
La citadelle dégage une ambiance bohème avec ses petites ruelles pavées qui donnent sur la rue Yüksek Kaldırım, une voie pittoresque qui descend jusqu’au pont de Galata (et qu’il faut ensuite remonter)

La tour trône sur les hauteurs et la montée est rude, nous la faisons plusieurs fois par jour, ça fait travailler la pompe et ça a fini par porter ses fruits puisque en me pesant en rentrant j’ai vu que j’avais… pris 1 kg, de muscle bien sûr.



La star ici c’est donc la tour de Galata, la tour génoise emblématique de la ville. Sans doute le monument le plus photographié avec Sainte Sophie et les autres pépites de Sultanahmet .



Cafés bio, écolo et responsables, resto où l’on ne trouve un peu de verdure, boutiques artyes, antiquaires, magasins de jeune créateurs et galeries… Galata est vraiment le quartier idéal pour se poser car il y a une vie le soir qu’on ne trouve pas forcément dans la vieille ville.
On y trouve toutes sortes de cuisine, le Dukkan Galata au pied de l’immeuble était bien pratique pour lancer sa journée.


On se fait une dernière petite virée sur le pont de Galata pour admirer le sunset, et il est temps de rentrer. Demain c’est métro direction l’aéroport et retour sur Paris.

Alors, pour mes chers collègues qui sont nombreux à lire ce blog, et dont certains souhaitent savoir si on peut soumettre à notre CSE préféré l’idée d’organiser le prochain voyage à İstanbul, mon sentiment contre quelques rakis.
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On en reste là les amis pour cette escapade stambouliote, j’ai zappé pas mal de choses car l’article aurait été trop long. J’espère que ce condensé vous aura donné envie d’aller saluer Istanbul, l’ancienne Byzance et Constantinople, une ville accueillante, et de vous immerger quelques jours dans la culture locale.
Bonne fin de weekend.
N.
4 commentaires
Merci pour 4 jours à Istanbul vidéo qui manque à mes visites turques déjà faites. J ai pris des notes. En attendant je suis sur mon projet 7 jours en Albanie pour octobre.🎏🧧🥋
Tu vas adorer !
J’ai hâte de lire ton aventure albanaise, le pays d’Ismael Kadare !
Top, ca m’a pris tout mon dimanche à l’écrire alors n’hésite pas 🙂