Sawadee khap les amis. En dépit du deuil national qui vient d’être décrété, des tensions à la frontière cambodgienne et des typhons qui frappent les pays voisins, cette semaine nous partons au bout du monde explorer l’envoûtante Bangkok.
Nous allons nous installer quelques jours au cœur de la capitale du pays du sourire, avant de mettre le cap vers le nord, le long du Mékong, pour célébrer Loy Krathong : une fête traditionnelle et féerique particulièrement appréciée en Thaïlande.

Direction l’aéroport, les farangs (étranger en thaï) sont nombreux à porter du noir au moment d’embarquer suite au décès il y a quatre jours de la reine Sirikit, nous avons visiblement tous consulté les mêmes réseaux.
Arriving Bankgok
Vendredi matin. Après douze heures de vol, quelques turbulences et un personnel navigant parfois dépassé, le Boeing 777 d’Air France entame sa descente sur Suvarnabhumi, le superbe aéroport de Bangkok qui ne se prononce pas du tout comme il s’écrit.
Ne voyageant depuis quelques temps qu’avec un bagage cabine, je n’ai pas à attendre plus longtemps. Je passe rapidement l’immigration où les guichets sont inhabituellement déserts, et me voilà dans le train qui dessert Bangkok et mon quartier pour les jours à venir : Phaya Thai.

Phaya Thai, terminus. Les portes s’ouvrent et la fournaise moite de la ville nous submerge, tournant immédiatement en supplice le gros sweat à capuche et le jean épais qui semblaient tellement légers en novembre à Paris.
Six ans après, je suis super heureux de retrouver Bangkok, la cité des anges.
Phaya Thai, oriental settings
J’ai une nouvelle fois choisi Phaya Thai pour poser mon sac. Situé au nord de Siam, le cœur commerçant de la ville, j’adore ce quartier à l’énergie unique, où derrière les buildings qui bordent les grandes avenues se nichent des enclaves populaires typiques.

La vieille dame qui vend ses rotis banane en saluant tout le quartier, le vendeur de glaçons qui sillonne les rues pour livrer à moto, la barista derrière son échoppe et qui s’est collée sous les narines une énorme rasade de baume du tigre… Ces enclaves sont à taille humaine.
Pour atteindre ces quartiers il faut parfois longer une voie ferrée, traverser une cantine ou encore le parking d’une banque. Il n’y pas beaucoup de rues qui permettent d’y entrer ou d’en sortir, mais à l’intérieur ce sont de véritables labyrinthes.
Un quartier multiculturel
Phaya Thai est un quartier où les cultures se mêlent depuis longtemps. Aux côtés des Thaïs traditionnellement bouddhistes vit une partie de la communauté musulmane (Thaïlandais venus des provinces du sud, migrants malais…), façonnant ainsi un quartier à la fois animé, coloré et multiculturel.

Les odeurs de grillades et de curry des étals de street food, le bal des scooters avec lesquels il faut parfois toréer, le quartier reste animé tout au long de la journée jusque tard la nuit.

Je rejoins mon grand ami d’enfance Loïc, qui habite le quartier depuis quelques années avec son épouse Nancy, pour un déjeuner express dans une petite échoppe dont le nom parle aux marseillais : Fada.


un hotel idéalement placé
Un autre atout du quartier, c’est qu’en plus d’être relié par le train à l’aéroport, ultra pratique aussi bien à l’arrivée qu’au départ, il est également desservi par le magnifique BTS ( Sky Train) et se trouve à proximité des canaux navigables que nous découvrirons demain. Le camp de base idéal pour se projeter partout dans la ville.

Pour le séjour, j’ai posé mon sac dans un chouette hôtel situé au cœur d’une petite impasse, au calme, et qui donne sur la station BTS. Un hôtel cosy avec une petite terrasse sympa, idéal pour se poser après une grosse journée de marche.

Bangkok, first contact
Check in done, il est temps de partir explorer la ville. L’après-midi est bien entamée, direction la maison de Jim Thompson qui se trouve à une vingtaine de minutes à pied vers le sud.
Un deuil Mesuré
Suite à la disparition il y a quelques jours de la reine Sirikit qui était unanimement aimée ici, le pays a immédiatement décrété un deuil national d’un an, dont trente premiers jours particulièrement durs, annulant au passage tous les évènements et autres festivités.
Mais au final le protocole a été allégé. Les festivités sont finalement maintenues, mais devront se dérouler de manière spirituelle et mesurée. Ce qui n’est pas pour me déplaire car si je suis venu à cette période, c’est en partie pour assister à la fête de Loy Krathong.

Il est recommandé de porter du noir ou, à défaut, des couleurs neutres, ainsi que de privilégier le pantalon au bermuda. On constate rapidement que le long des grands axes, la consigne est globalement respectée.

Ceux qui peuvent se le permettre ont acheté des fringues pour l’occasion. Pour d’autres on pioche tout ce qu’on peut trouver de sombre dans son armoire, parfois même des t-shirts publicitaires qui créent un contraste un peu décalé avec l’événement.
Bangkok, toujours frénétique
Je rejoins l’avenue Phaya Thai qui descend jusqu’au quartier de Siam, le cœur commerçant de la ville.

Six ans après, le flot des motos et des scooters fait toujours vibrer les grandes avenues. Ici on roule à gauche, donc attention de bien regarder du bon côté quand vous vous engagez pour traverser, sous peine de voir votre séjour brutalement écourté.

Comme sur Paris, les livreurs Grab (équivalent Uber) prennent parfois des risques (et des trottoirs) pour accélérer leurs courses. Quant aux passages piétons, c’est un peu l’occasion de tester votre karma. Je vous encouragerais bien à vous y engager fermement pour forcer les voitures à s’arrêter, mais je ne voudrais pas que vous me le reprochiez depuis l’avion sanitaire qui vous rapatrie en France.

Astuce, il y a toujours une vieille petite dame qui finira par se pointer et mouliner des bras pour calmer le flot. C’est l’occasion de prendre lâchement son sillage.
La maison de Jim Thompson
Un peu avant d’arriver sur Siam, on trouve le long d’un canal la maison de Jim Thompson, une véritable oasis où l’on peut se poser et se replonger dans le Bangkok du milieu du XXᵉ siècle. Ancien barbouze américain, Jim Thompson est venu s’installer en Thaïlande après la seconde guerre mondiale et est tombé raide dingue du pays.

Thompson va se passionner pour l’artisanat local, en particulier la soie thaïlandaise dont il va moderniser les techniques de tissage. Grâce à lui, la soie thaïe devient mondialement célèbre dans les années 1950–60.



Lorsqu’il inaugure sa maison, certains oracles lui prédisent de faire très attention à l’année 1967, l’année de ses 61 ans. Et devinez quoi, en 1967 Jim Thompson va se volatiliser sans laisser de traces lors d’une promenade. Coup de la CIA ( Thompson était devenu profondément anti américain), mauvaise rencontre, accident, disparition volontaire… on ne le saura sans doute jamais.
Le mystérieux Jim Thompson reste à jamais un héros local pour la Thaïlande.
Une bonne mais longue première journée
Dix-huit heures, la nuit est tombée sur Bangkok, je retourne sur Phaya Thai rejoindre mes amis.

Mon pote a réservé une séance dans le salon de massage thaï juste à côté de chez lui. Impressionnant de voir comment les masseuses arrivent à papoter tranquillement tout en vous martyrisant les contractures et autres points de tension, avec une force qu’on ne leur soupçonne pas.

J’ai beau être debout maintenant depuis plus de trente heures, avec en plus un long courrier dans les jambes, me voilà refait à neuf. Mais c’est avec grand plaisir que je regagne l’hôtel, demain je vous emmène visiter le Wat Pho et la carte postale de Bangkok.

La Carte Postale
Les amis, si vous étiez abonnés à l’ancien blog, Bangkok nous l’avons déjà fait dans toutes ses dimensions. Mais nouveau blog, nouveau départ, nous repartons aujourd’hui sur la carte postale. Je vous emmène dans la vieille ville visiter mon temple préféré, le Wat Pho, puis nous irons peut-être déambuler dans la mystérieuse Chinatown au bord du fleuve.

Départ tôt le matin, je récupère mon ami Loïc et, après l’incontournable café au « golden bug » qui vient d’ouvrir et dont le coté moderne dénote un peu dans ce quartier populaire, nous mettons le cap sur la vieille ville.

Parmi les incontournables de la street food que vous devrez absolument expérimenter, on trouve le roti : sorte de crêpe feuilletée fourrée avec du salé ou du sucré. Ideal pour faire le plein de carburant pour la matinée.

Se déplacer dans Bangkok
Les amis c’est un fait : les thaïs détestent marcher. Au-delà des transports en commun (BTS, métro, bus), ils n’hésitent pas à prendre un tuk-tuk ou un taxi pour de très courtes distances. Et même quand il s’agit d’aller au bout de la rue, ils optent souvent contre une poignée de bahts pour une moto-taxi, facilement reconnaissable grâce aux gilets orange numérotés de leurs pilotes.

Mais moi ce que j’adore, c’est naviguer sur les khlongs, les fameux canaux. Le bateau c’est la meilleure façon de se déplacer à Bangkok, et toujours pour moins de 1 euro.
La balade sur les Khlongs
L’un des embarcadères se trouve au sud de Phaya Thai, proche de la maison de Jim Thompson. Pour entre 10 et 20 bahts (moins d’un euro) vous allez pouvoir aller jusque dans la vieille ville, faites juste attention de ne pas tomber dans l’eau plus que douteuse du canal car les bateaux ne font que des micro-stops.


Allez, on se fait la balade en vidéo.
Les khlongs à pieds, déconseillé
Petite parenthèse, une après-midi j’ai suivi les khlongs à pied mais je le déconseille. Si la première partie longe Baan Krua, l’ancien village musulman où la soie était tissée, on se retrouve ensuite à traverser des quartiers qui sont des quasi bidonvilles.

J’ai croisé des gamins complètement shootés. J’ai ensuite pas mal tourné en rond dans un immense labyrinthe quasi désert avant de récupérer le bord du canal. Après avoir dérangé pas mal de monde car le passage était étroit, je me suis retrouvé dans un cul de sac avec comme seul choix de revenir sur mes pas et tout retraverser, ou bien d’emprunter une échelle un peu douteuse. L’échelle donnait sur une quatre-voies que j’ai traversée en sprintant.

Pour finir, un gars un peu mariole est venu me demander d’où je venais. J’ai tenté Phaya Thai mais il a insisté, et je lui ai donc confessé mon absolue francitude. Cocorico, le gars s’est éclairé d’un sourire et m’a lancé « bonjour » en me serrant la main. Je ne sais pas si toutes les réponses auraient été reçues aussi cordialement.
Allez, on retourne à notre carte postale.
le Wat Pho
Le temps de débarquer du bateau en bout de ligne et de sauter dans un tuk-tuk et nous voilà au Wat Pho, le temple du Bouddha couché, sans doute le plus beau temple de la ville

Le Palais Royal, juste à côté, qui est l’autre grande attraction de la ville, est fermé au public pendant une semaine suite au décès de la reine, tout le monde s’est donc rabattu ici. Les amis, je suis allé au Wat Pho deux fois car la première fois il flottait, côté photos je vous fais un mixte des deux visites.


Le temple a été construit à l’époque où la capitale était Ayutthaya (où nous irons une prochaine fois), Bangkok n’était encore qu’un petit village commerçant au bord de la rivière.


Avec ses chedis (les espèces de grandes cheminées), ses pavillons richement décorés, ses statues et ses cours ombragées, le Wat Pho est un des plus grands centres spirituels du pays.
Le sacntuaire des statues de Bouddha
Plus de 1 000 statues de Bouddha sont conservées dans le complexe. La plupart proviennent d’anciens sanctuaires du royaume, restaurés et rassemblés ici sur ordre des différents rois afin de préserver ce patrimoine.
La master piece reste le Bouddha couché de presque de 50 mètres recouvert de feuilles d’or. Et il n’est pas facile à photographier.


Le berceau du Massage Thai
Au passage, le temple est reconnu comme la première école de massage thaï du pays, fondée au XIXᵉ siècle. Encore aujourd’hui, on peut y apprendre le massage traditionnel, ou simplement y recevoir un soin… tonique.
J’y suis allé lors d’une mes précédentes visites, ils étaient ravis de voir arriver un farang de 100 kilos à massacrer. Ils m’ont envoyé une masseuse avec des mains bioniques qui ne m’a laissé aucune chance.


Allez, on se fait une petite balade en vidéo
On en reste là avec le Wat Pho, c’est vraiment la visite incontournable lorsque j’espère vous irez explorer l’envoutante Bangkok.
le Marché aux Amulettes
Porter une amulette en Thaïlande est une habitude très répandue. Un peu au nord du Palais Royal, à une vingtaine de minutes de marche du Wat Pho, on trouve un endroit assez mystérieux : le marché aux amulettes.

Un dédale où des centaines de petites échoppes vendent des amulettes bouddhiques censées protéger, porter chance, attirer la prospérité ou encore éloigner la bad mood. J’en ai choisi une pour éloigner les filles jolies, riches et sympas, afin de pouvoir me consacrer entièrement à mon travail (petit clin d’œil aux quelques collègues qui lisent ce blog).
les Pauses Kafè
A marcher non-stop dans la chaleur, à un moment vous risquez d’avoir quelques vertiges. Vous aurez toujours un petit café à portée pour trouver refuge et vous requinquer.


Je prenais un café dans un boui boui de Khao San, un quartier que je ne vous recommande pas spécialement. La barista, qui avait de la gouaille, me siffle un « what a strong man » quand je lui signifie que je ne prendrai ni sucre, ni rien d’autre d’ailleurs pour adoucir mon hot expresso. J’ai beau savoir que c’était gentiment moqueur, je n’avais jamais été aussi fier depuis ma mention au bac.
Chinatown, le Bouddha d’Or et le Wat Saket
Alors j’avais plein d’autres choses à vous faire découvrir mais cet article devient déraisonnablement long, du coup nous verrons peut-être Chinatown et d’autres lieux emblématiques une autre fois.

Rangoon Tea House
Pour terminer en beauté cette balade, nous finissons la journée dans un top restaurant birman de Sukkhumvit, le quartier d’affaires et branchouille de la ville.
Alors si on mange très bien sur Bangkok pour 5 euros, là il va falloir faire un peu chauffer la CB mais c’est franchement très bon.



Je vous colle en dessous une carte avec les marqueurs des principaux lieux évoqués dans cet article.
Et si vous souhaitez vous abonner au blog, c’est ici :
Destination l’Isan
Et voilà les amis, nous allons laisser Bangkok et partir avec mon ami Loic explorer une région rurale qui n’est pas encore dans les circuits touristiques : la région de l’Isan au nord-est du pays. Une région d’influences laotiennes et khmères, connue entre autres pour sa cuisine très épicée et sa musique Mor Lam psychédélique .

Et essayer au passage de célébrer Loy Krathong sur le Mékong, la fête des lanternes flottantes en l’honneur de la déesse de l’eau.
Khop khun khráp
N.
4 commentaires
Nico- globe trotteur! J’ai dévoré ton récit comme un roti banane à 7h du mat : avec passion, un peu de jalousie et une forte envie de réserver des billets pour Bangkok immédiatement (c’est bon de rêver!)). Franchement, merci : j’ai voyagé depuis mon canapé, sans même transpirer en sweat à capuche à 40 degrés lol …
J’ai adoré découvrir ton Bangkok version “farang discipliné en noir”, tes ruelles planquées, et surtout… le marché aux amulettes. Alors là, je suis obligée de te demander :
Tu m’en as rapporté une, oui ou non ? Parce que toi tu prends une amulette pour éloigner les jolies filles sympas (mauvaise pioche, d’ailleurs on te voit venir).
Moi j’en voudrais une pour attirer les beaux gars, les vrais, ceux qui m’emmèneront me réincarner loin de ma vie de maman débordée. Une amulette version “livraison premium ”. On ne sait jamais, ça pourrait marcher mieux que Tinder!
J’ai aussi beaucoup ri pour le gars qui t’a demandé d’où tu venais, pour ta masseuse bionique qui t’a « démonté » la colonne vertébrale et pour ta barista qui t’a offert la plus belle validation de ta virilité avec ton “what a strong man”. Moi je dis : le bac, à côté, c’était rien. 😉
Et puis tes tuk-tuks, ton Jim Thompson disparu comme mes cinq minutes de calme dans la journée… tout ça donne trop trop envie, de folie, d’y aller. On sent l’énergie, les odeurs, les couleurs, les pièges à touristes et les secrets bien planqués et surtout ton amour pour cette ville. En bref, merci pour la balade. J’attends le Tome 2 : moi je m’installe, je prends du popcorn et je laisse le farang reporter faire le boulot.
P.S. : si t’as pas l’amulette “aimant à beaux mecs”, c’est pas grave… mais prévois là au prochain voyage. RK
Haha tu as le record du plus long commentaire sur ce blog je crois 🙂 Merci pour ton retour c’est bien sympa. Je vous ai rapporté des amulettes qui permettent de gagner au loto mais je pense m’en débarrasser car après nos vies vont trop changer.
Merci nico pour ta balade bankok et sa ruralité et ton info sur le dc de la reine, etant sur l ile de phu quoc Vietnam sud je n avais pas eu l info je ne rentre que sans 8 jours sur paris. Je ne suis pas rentrée que déjà envie de repartir me reprend grace à toi j economise mon billet poyr la Thaïlande pour cette fois car je l ai déjà fais 2 fois et la dernière c etait il y a 2 ans… j ai du mal à changer de continent, le japon m attend en avril 2026 pour un mius on verra ensuite… au plaisir de ta lire à nouveau.
Bon retour !! Et je Japon va être top.