Après la belle escapade Stanbouliote, nous voici de retour dans le Paris alternatif et festif. Cette semaine nous filons à Vitry-sur-Seine, en petite couronne, découvrir le Kilowatt, un générateur de festivités.
L’occasion de prendre un shot de good mood parmi les rallumeurs d’étoiles, les citoyens du monde, les indignés et tous ceux qui rêvent d’un monde plus responsable et plus humain.

Le Kilowatt, générateur de festivités
Les amis, je ne vous cache pas que le spot est situé dans un no mans land un peu au milieu de nowhere… Alors pour le coup je pars refaire le monde mais, mea culpa, j’y vais en caisse. La friche s’étend au pied des deux grandes cheminées d’une centrale EDF, et qui donnent au lieu un certain vernis underground. D’ailleurs l’endroit était à une époque un énorme site de production d’énergie, d’où le nom Kilowatt.

Le lieu est jeune, en 2010 c’était encore un site à l’abandon qu’un collectif a finalement transformé en friche culturelle et festive. A l’intérieur on retrouve les grands standards des spots du moment, avec jardins, buvettes, foodtrucks, et plusieurs scènes un peu modulaires qui s’adaptent à l’évènement du jour.

Si le Kilowatt est plutôt spécialisé dans les musiques électro, drum and bass etc… il est aussi ouvert à la scène française parallèle… Cette scène dont je suis tombé amoureux il y a une douzaine d’années au merveilleux festival Ta Parole de la ville de Montreuil qui se répétait chaque année, et où j’ai pu découvrir les Têtes Raides, Debout sur le Zinc, Zoufris Maracas et autre Rue Ketanou…

Coté fréquentation, ça dépend un peu de l’artiste du soir mais on est globalement sur une population engagée et attachée au vivre-ensemble. Pour l’occasion nous allons délaisser un peu l’univers hard rock / métal habituel, et y découvrir deux groupes que j’apprécie particulièrement, HK et la Ruda.
HK, sous les pavés la bohème
Les amis je suis complètement fan de HK, de son vrai nom Kaddour Hadadi, un artiste à la fois chanteur, poète, et militant engagé. Issu d’une famille d’origine algérienne originaire de Roubaix, HK s’implique très jeune pour plus d’écologie et de justice sociale.

Son titre très engagé, « On lâche rien », est repris depuis les stands régionaux de la Fête de l’Huma jusque dans les cortèges qui défilent les jours de manifs. J’apprécie particulièrement chez HK son approche poétique, élégante, et toujours optimiste des problématiques sociales, ainsi que sa vision profondément humaniste de la société.

Se définissant comme un « artiviste », HK fait passer ses messages dans un style musical inclassable, un mélange de musique de rue et de musique du monde, encourageant les gens à ne jamais arrêter de s’indigner face à l’inacceptable. Comme le clamait le magnifique et regretté Stéphane Hessel à qui HK rend souvent hommage, lorsque nous sommes confrontés de près ou de loin à des fautes d’humanité, l’action citoyenne commence par le fait de s’indigner.

En cette soirée de début d’été, HK a donc investi la scène du Kilowatt avec presque une dizaine de top musiciens. Guitares, percussions, violon, saxo, mandole… un chouette mélange des genres sur lequel HK a enchainé tous ses grands classiques et a fait chavirer une salle définitivement bohème.
HK prend la la parole entre chaque morceau dans une ambiance de kermesse, autour de la protection de l’environnement, l’accueil de l’autre, et la solidarité avec les plus précaires.

Peut-être deux heures de bonheur, avec un grand moment sur « Danser Encore » quand les musiciens sont descendus jouer au milieu du public. « Danser Encore », c’est le morceau symbole de ceux qui bravaient le confinement pendant la pandémie pour se retrouver et danser ensemble.
On se fait un aperçu dans une petite vidéo plus bas.
Le grand orchestre de la Ruda
Parmi les incontournables de la scène alternative, le grand orchestre de la Ruda (ex Ruda Salska) était de passage au Kilowatt lors de l’Alternateuf (tout est dans le nom). Quatre groupes dont la Ruda, pas facile de connaitre le running order et nous nous pointons donc à 18 heures histoire de ne pas louper la Ruda (qui passera finalement à… 22 heures).

Quelques bières avec l’amiga qui se demande dans quel traquenard je l’ai encore emmenée. En regardant les looks autour, elle me lâche qu’on se croirait à une convention de régisseurs ou de gars de l’IT. Désolé les amis de l’IT mais ça m’a fait rigoler.

L’Alternateuf c’est parti. Guarapita, qui ouvre le festival, a une idée plutôt sympa pour attirer le public : ils distribuent un rhum qui fracasse au pied de la scène (le groupe tient son nom d’un cocktail vénézuélien particulièrement costal) .

Nous laissons passer les deux premiers groupes, puis nous nous glissons juste devant la scène en attendant la Ruda. On ne le sait pas encore, ça va être bref mais intense.

Amis de Vitry et d’ailleurs
Amis du bruit et de la sueur… Il est autour de 22 heures lorsque La Ruda investit la scène et ouvre comme à son habitude sur l’explosif « Instinct du meilleur ». Mélange de musique latino, punk, rock et ska, le gang de Saumur est connu pour ses concerts engagés et survoltés. Les cuivres viennent gonfler les riffs de guitares saturées, et la salle se met à pas mal remuer.

La fosse tangue, il y a quelques beaux bébés. Devant moi un gamin d’à peine dix ans monte sur la scène avec son gros casque anti-bruit sur les oreilles, et part tranquille en slam surfer sur le public.


La Ruda enchaine sans pause quelques morceaux très intenses, puis c’est l’incident. Pierrot, le chanteur, auteur et infatigable frontman du groupe, et qui est parti à fond comme toujours, fait soudainement une petite baisse de forme. Je suis au premier rang et je comprends vite en regardant backstage que l’on ne va prendre le risque de le faire reprendre.

Le concert est donc arrêté et c’est très bien, la priorité est restée à la santé.
J’avais vu la Ruda l’an dernier mais je suis peu déçu pour l’amiga, qui s’était légèrement faxée sur le côté histoire de sortir de l’épicentre. Mais elle a découvert une ambiance et elle a beaucoup aimé l’expérience.
Allez, on se fait quand même un petit aperçu de HK et de la Ruda en vidéo.
Au passage le Kilowatt est également ouvert à la scène métal. Ce samedi le lieu organisait un festival metal tribute (ie des groupes qui jouent des reprises) à Slipknot, Linkin Park et System of a Down. Ces derniers (les vrais SOAD) ont récemment créé l’évènement en programmant deux dates au Stade de France l’été prochain, mais je ne me suis pas encore décidé.
Je vous mets ici la programmation à venir : lekilowatt.fr . Je ne pourrai hélas pas assister le 7 novembre au concert de Marcel et son Orchestre car je serai loin de Paris, mais si j’arrive à rentrer je vais essayer de trouver des places pour la Rue Ketanou en concert unique le 14 novembre et qui est déjà complet.
Et voilà les amis on en reste là pour ce soir. N’hésitez pas à aller prendre un petit shot d’humanité au Kilowatt à Vitry-sur-Seine, d’autant plus que le lieu fait face à quelques difficultés. A une époque où la technologie pousse à individualiser nos comportements, je pense qu’il faut tout faire pour préserver ces lieux fédérateurs, ces temples du vivre-ensemble.
Bon week-end
N.