L’été s’annonce sous le signe du (hard) rock, les amis ! Après Iron Maiden la semaine dernière, et juste avant Def Leppard, ce soir ce sont les emblématiques Guns N’ Roses qui prennent d’assaut Paris. Direction Bercy, l’occasion de voir défiler quarante ans d’une carrière aussi riche que sulfureuse, et d’aller saluer l’un des derniers monstres sacrés de la planète rock.

World Tour 2026
Après l’extravagant « Because What You Want & What You Get Are Two Completely Different Things Tour » en 2023, les gunners sont revenus à la sobriété avec ce dépouillé « World Tour 2026 » qui baptise la tournée mondiale.

Welcome to the jungle
Il est un peu plus de 18h lorsque nous débarquons devant Bercy avec l’ami Jacques, les fans ont pris position sur les terrasses des nombreux cafés, qui tous balancent du… Guns N’ Roses. Une bière et nous ne traînons pas, car nous sommes relayés en seconde fosse au milieu des manants, des jongleurs, des brigands et des coupe-jarrets, sans oublier les plus sanguinaires : les étudiants et autres jeunes actifs.



Fill my cup«
Comme beaucoup de légendes du hard rock, les Guns ont su renouveler leur fan base au fil des décades : l’audience du soir est plutôt jeune et résolument mixte.
Quasiment tous les visiteurs sont aux couleurs des Guns. Je porte pour ma part un sémillant t-shirt de Maiden acheté la semaine précédente lors du fameux concert où les plombs ont sauté, l’info ayant relégué au second plan pendant quelques jours la situation à Ormuz .

Direction la boutique pour me sortir de ce fashion faux pas. Les fans de hard rock et de metal adorent collectionner les t-shirts de tournée, et je commence à en avoir un sacré stock à la casa. Après les bières, nous découvrons donc la tarification GN’R, et ça pique un peu…
Allez, il est temps de rentrer dans l’arena.
Patience
C’est Mammoth qui a la charge d’ouvrir le bal. Le groupe emmené par Wolfgang Van Halen, fils du légendaire Eddie Van Halen, livre un set solide, et sort sous les applaudissements d’une salle dont la fosse est déjà bien remplie, mais dont les tribunes sonnent encore creux. Ca ne va pas durer.

Au passage, Mammoth se produira pour la première fois en tête d’affiche au Bataclan fin novembre, je n’exclue pas d’aller les saluer.
De nombreux roadies s’activent alors pour basculer la scène en mode Guns. Peut-être une grosse demi-heure de préparation, puis l’Arena est plongée dans le noir et le riff d’intro de Welcome to the Jungle chavire la salle. La bande à Axl Rose et Slash investit la scène, et c’est parti pour un show qui va durer plus de trois heures.

Appetite for Destruction
Guns N’ Roses voit le jour au milieu des années 80 à Los Angeles, de la fusion de deux groupes : Hollywood Rose, emmené par le chanteur Axl Rose, et L.A. Guns, fondé par le guitariste Tracii Guns. Ce dernier sera vite remplacé par la légende Slash, mais L.A Guns on en reparle à la fin de l’article les amis. Un line-up qui écume les clubs miteux de Sunset Strip, loin de se s’imaginer qu’il s’apprête à devenir le plus grand groupe de rock de la planète.
Alors les amis ca a pas toujours rigolé pour les Guns. Axl Rose a eu une enfance terrible, entre abus, violences et abandons. Izzy Stradlin, second guitariste, vend de l’héro dans les rues d’hollywood. Le groupe partage des squats avec des toxicos, dealers et autres marginaux.

Et puis arrive 1987 et la sortie du premier album Appetite for Destruction. Un album qui s’ouvre avec les premières notes psychédéliques de « Welcome to the Jungle », on comprend très vite qu’il est en train de se passer quelque chose d’énorme.
Bandana vissé sur la tête, haut-de-forme, cuir, alcool, drogues, strippeuses et porno stars: face au hair metal qui minaude,les guns dégainent un rock brut, violent et provocateur. Un nouveau son mêlant le hardrock, le blues et punk, et qui va les emmener directement sur le toit du monde.

Civil War
Si le succès est planétaire, les guns enchainent les frasques et leur réputation commence à précéder leur musique, au point que la presse les surnomme « The Most Dangerous Band in the World ».
Alors les amis, si aujourd’hui en France on panique à l’idée qu’un rappeur puisse prononcer sur scène une phrase polémique, au début des années 1990, les villes qui accueillaient les Guns N’ Roses renforçaient la sécurité et retenaient leur souffle. Tout était polémique, et personne ne savait si le concert n’allait pas tourner à l’émeute.

Des émeutes, des centres-villes incendiés, des blessés, des centaines d’arrestations… et parfois même des drames. En 1988, au festival Monsters of Rock, un gigantesque mouvement de foule éclate pendant le concert des Guns et entraîne la mort de deux jeunes fans.
Axl Rose incarnait le chaos, Slash le sang froid. Ce contraste est sans doute l’une des clés de la légende des Guns
Quarante ans après le groupe s’est assagi, ce soir tout devrait bien se passer.
Trois heures de show
J’en ai fait des concerts les amigos, mais c’est la première fois que je vois un groupe tenir la scène trois heures, et sans aucun break. On pourrait s’attendre à ce que des légendes dans leur money time offrent le service minimum, mais les Guns ont ce supplément d’âme qui les distingue de certains autres monstres sacrés.

Si Slash est au sommet de son art et se promène sur sa collection de guitares (dont la mythique double manche, pour un clin d’œil à Bob Dylan lors de la reprise de Knockin’ on Heaven’s Door) , Axl Rose a du mal et perd parfois sa voix. À certains moments on souffre avec lui lorsqu’il essaye d’aller chercher ces aigus qui ont fait sa légende. Impossible d’en vouloir au bonhomme : il ne joue pas à l’économie et n’a jamais ménagé ses cordes vocales.
Les gradins sont debout, une fan lance un « I love you » entre deux morceaux, auquel Axl répond instantanément « And I love you too ». À côté de moi, une jeune fille va sautiller pendant près de trois heures, un sacré cardio. Derrière deux jeunes sont visiblement bien éméchés, et à les entendre échanger il n’a pas dû leur en falloir beaucoup. Tout autour l’ambiance est pourtant bon enfant. Je m’attendais à un public un peu plus « bad ass ».
Côté setlist, le groupe va majoritairement piocher dans ses trois premiers albums, ceux qui les ont emmené au sommet. La salle reprend les grand classiques Civil War, Estranged, It’s So Easy , l’incontournable Mr Brownstone qui raconte leurs addictions, ou encore Yesterdays dans lequel Axl Rose répond aux Beatles : hier n’a jamais été top pour lui.

De mon côté j’ai droit à deux pépites que j’apprécie particulièrement : le punchy Double Talkin’ Jivee, ainsi que le psychédélique Rocket Queen, sublimé par une animation démente sur l’écran géant.
On notera au passage une reprise de Sabbath Bloody Sabbath en hommage à Ozzy . Un joli clin d’œil, d’autant plus que les relations entre le Prince of Darkness et les Guns n’ont pas toujours été simples.
Comme attendu, ce sont Sweet Child O’ Mine et November Rain, pour lequel Axl s’est installé au piano à queue, qui vont faire chavirer la salle.
La légende raconte que Slash avait un exercice pour s’échauffer les doigts. L’un des membres lui a fait remarquer que ça sonnait bien, et ainsi est née l’intro de Sweet Child O’ Mine, sans doute l’un des riffs les plus célèbres de l’histoire du rock, et que le monde entier sait fredonner.

J’ai hélas cassé mon compact lors de ma dernière sortie vélo sur la Marne. Plus de zoom progressif : c’est désormais « tout ou rien ». En mode « full téléobjectif », j’ai tout de même réussi à sortir une photo sympa de Duff McKagan, Richard Fortus et Isaac Carpenter. Les autres photos sont dans ma corbeille…

Trois heures de show. on commence tous à regarder la pendule pour voir si on va pouvoir chopper le dernier métro. Puis l’intro de Paradise City, on connait la set list, c’est la fin. Un dernier grand moment avec tout Bercy qui accompagne Axl Rose, magnifique…

Quarante ans après, les Guns sont toujours capables de tout donner, allez on s’en fait un bout en vidéo.
Et voilà les amis, on en reste là avec ce concert des Guns. Le groupe a remis ça à Bercy deux jours après et avec la même générosité : encore trois heures de show.
À ce stade de leur carrière personne ne leur en voudra de lever un peu le pied, si cela peut leur permettre de prolonger encore quelques années… Trois heures c’est presque trop, à titre de comparaison, System of a Down, également de passage sur Paris, a livré un excellent show (parait il) en 1h45.
Au passage, on parlait des L.A Guns en début d’article. Le groupe mythique fera escale à Montreuil, pas loin des chez moi, dans la toute nouvelle salle du Bal Chavaux. J’y serai bien sûr, si ça vous tente vous trouverez toutes les infos ici balchavaux.fr/agenda/la-guns
À suivre… l’un des plus beaux châteaux de la région parisienne.
Bon weekend, et keep rocking ! 🤘
N.
4 commentaires
Articles toujours au top!
Je les avais vu en 2017 au Madisson Square Garden! Ils ont encore là ! Incroyable!
You know where you are ? You’re in the jungle Greg 🤘🏼☺️
Toujours aussi sympa a lire Nico, même si c’est pas ma came ! 👍
Merci Pascale !! ❤️