Satanee topaï Bangkok : prochaine station Bangkok. Après les fêtes de la Songkran à Chiang Mai, après la cité perdue d’Ayutthaya, nous terminons notre trilogie thaïe dans la « cité des anges ».
Nous avions exploré le quartier royal et ses temples en octobre dernier, je vous emmène cette fois découvrir la ville-monde un peu en dehors de la carte postale.

Pour cette dernière étape, je vous propose une balade en quatre temps : un Bouddha monumental caché dans les khlongs, un parc aux rencontres inattendues et son voisin plus confidentiel, la mystérieuse Chinatown, et enfin une échappée vers un marché flottant à l’écart du circuit touristique.
Retour à Phaya Thaï
Quel plaisir de retrouver l’ambiance authentique de Phaya Thai, le quartier aux accents multiculturels et dont les soïs, les petites rues, forment un labyrinthe. Un dédale dont les accès sont parfois cachés au fond du parking d’une banque, le long d’une voie ferrée, ou tout au bout d’un chemin étroit qui démarre à l’arrière d’une cantine.


Le bal des scooters et des motos taxis, les cantines de rue qui s’installent dès l’aube et se relaient jusqu’à tard dans la soirée, les trottoirs envahis par les étals … J’adore cette atmosphère.

On croise souvent les mêmes : la vieille dame gouailleuse et ses « rotis banane », le vendeur de glaçons qui livre les échoppes en bécane, ou encore la petite nouvelle qui sert ses cafés yen dans des gobelets en plastique frappés à son effigie.

J’avais opté au départ pour le Nour Sabah, la « lumière du matin » en arabe, l’un des rares hôtels du quartier populaire. Très abordable (autour de 30 euros la nuit), mais la clim ne pouvait pas rivaliser avec les 40 degrés ambiants. Du coup j’ai retrouvé mon Thomas Hotel habituel, plus cher mais mieux adapté au mois le plus chaud de l’année.


Je droppe le sac et on file découvrir Lumphini, ainsi que le beaucoup plus confidentiel parc Benjakitti.
Lumphini et Benjakitti
Une oasis au milieu du vacarme de la ville. Dès la fin d’après-midi, Lumphini devient le point de rendez-vous des sportifs comme des badauds Des lacs, des allées boisées… le parc propose de nombreuses activités, comme ces surprenantes séances collectives de gym ou de danse qui débordent de bonne humeur.


Ici se mêlent les locaux et les expats, l’immense parc offre vraiment une parenthèse apaisée au cœur d’une mégapole de presque vingt millions d’âmes.


Les varans malais
Mais ce qui surprend vraiment ici, c’est la colonie de varans malais qui hante les bords des lacs. Certains se baladent au calme sur les chemins, pour la plus grande joie des visiteurs qui canardent de photos mais sans trop s’approcher, même si la bestiole préhistorique est réputée inoffensive.



Alors vous me direz les amis que Lumphini fait presque partie de la carte postale, et que je vous avais promis une balade un peu hors des sentiers battus. Je vous invite donc à me suivre à la sortie nord du parc où une longue passerelle permet de rejoindre l’autre pépite, beaucoup plus discrète, le parc Benjakitti.
le Parc de Benjakitti
La passerelle débouche sur une skywalk en bois qui traverse tout le parc, ou plutôt la jungle urbaine. La promenade se fond remarquablement dans le décor et permet d’admirer la végétation dense et qui semble libre de toute contrainte, avec en toile de fond les tours du quartier moderne de Sukhumvit.

Le parc occupe le site des anciennes usines nationales de tabac. On voit par endroits émerger de l’océan de végétation un ancien entrepôt, donnant au lieu des airs de films post apocalyptiques à la Planète des Singes (celui des années 70 hein, pas les pitreries infligées plus récemment) .

Je vous recommande d’y aller au coucher du soleil, vous y croiserez promeneurs et joggeurs, quelques photographes ainsi que pas mal d’étudiants : il doit y avoir un campus dans le coin. Le parc est en tout cas beaucoup moins fréquenté que la rockstar voisine Lumphini.

On peut quitter la skywalk à de nombreux endroits. Tout au bout, on découvre un lac artificiel autour duquel courent de nombreux courageux malgré la chaleur.


Pour ces quatre balades, je vais essayer de glisser à chaque fois une petite vidéo histoire de partager un peu l’ambiance.
Les amis on en reste là avec ces deux parcs, ces deux poumons verts comme on lit dans les blogs sérieux. J’aime beaucoup Lumphini, c’est un des rares endroits où on peut se poser, où on peut flâner, et c’est rempli de « good vibes ». Et si Lumphini est un incontournable de toute visite de Bangkok qui se respecte, j’ai vraiment été bluffé par Benjakitti et sa jungle urbaine.
Je vous propose maintenant de partir explorer la mystérieuse Chinatown.
La mystérieuse Chinatown
Biberonné aux aventures de Jack Burton, j’ai toujours trouvé les Chinatowns fascinants. À Bangkok, le quartier chinois s’étend au sud de la cité royale, le long de la rivière Chao Phraya. S’il prend toute sa dimension quand la nuit tombe, on va se contenter ici d’un premier contact en journée. Je vous laisse découvrir par vous même le quartier « after dark ».
Allez on prend le BTS ( le magnifique sky train) jusqu’à la rivière, puis on saute dans un express, ces bateaux aux drapeaux orange ou jaune qui vous transportent le long de la Chao Phraya pour quelques centimes d’euros.

Yaowarat Road
Le quartier historique chinois s’étend le long de la grande artère de Yaowarat Road. Les petites cantines qui diffusent leurs effluves, les échoppes aux étals parfois difficiles à identifier, les anciennes fumeries d’opium transformées en établissements branchouilles, les livreurs qui tentent de se frayer un passage dans le flot dense des voitures et des scooters… Chinatown déborde d’énergie à toute heure de la journée.



Dès qu’on quitte l’artère principale, c’est pour plonger dans un dédales de petites ruelles hyper étroites où l’on passe à peine, mais ou deux scooters sont capables de se croiser.

Avec ses temples et son Buddha (presque) en or massif, Chinatown mériterait un article à lui seul. Aujourd’hui je vous emmène dans une rue branchouille où la jeunesse dorée vient chiner et chiller : Song Wat.
Song Wat
Façades anciennes, cafés stylés, lampions rouges, friperies et musique électro : Song Wat est l’une des rares rues faite pour flâner. C’est aussi le point de rendez-vous des jeunes touristes, majoritairement asiatiques, venus « tiktoker » et soigner leur « feed »…

Si les touristes asiatiques ont longtemps dominé le championnat de poses devant l’objectif, on assiste ces derniers temps à une remontada de la team occidentale. Fini les postures improbables et théâtralisées, là on est dans des snap faussement naturels : la fashionista est prise de dos ou de trois-quarts, posée, le regard à l’horizon, en communion totale avec son environnement.

Il y a également ces vidéos prises de dos en train de marcher nonchalamment, et qui nécessitent souvent plusieurs prises. Avec le boy-friend relayé au rôle de caméraman dont on sent qu’il n’a pas intérêt à prendre trop d’initiatives ou de liberté avec le cahier des charges.



Song Wat est typiquement le genre de quartier que je fuis habituellement, mais il y a une énergie sympa, un coté artificiellement bohème, et quelques point de vue intéressants sur la Chao Phraya.

Allez, on se fait la balade en vidéo.
On en reste là avec Chinatown, n’hésitez pas à aller vous perdre en journée dans le quartier historique chinois, et attention de ne pas tomber dans les griffes du Mandarin à la nuit tombée. Je vous emmène maintenant à Thonburi, dans le Bangkok plus casual, pour saluer un gigantesque Bouddha.
Le Bouddha géant
On quitte l’hypercentre et on traverse la rivière pour rejoindre un Bangkok plus local, plus résidentiel. Sortie à la station Bang Phai, puis une petite marche à travers un quartier qui n’a pas encore l’habitude de voir débarquer les touristes, mais ça va vite changer.

Le quartier est traversé par les khlongs, ces canaux emblématiques qui donnent parfois à la ville des airs de Venise tropicale, et comme nous l’avions vu la fois précédente, qui permettent d’échapper aux mégas embouteillages de la mégapole.


Alors je n’ai pas vraiment bosser le trajet, mais comme je recherche un Bouddha de presque 70 mètres de haut je n’ai pas trop de mal à me repérer.
Wat Paknam
Un peu avant ma visite en octobre dernier, on commençait déjà à parler sur les réseaux de cet immense Buddha qui avait poussé au dessus des toits d’un quartier au sud-ouest de l’hypercentre. Je m’étais promis d’y aller avant qu’il ne soit pris d’assaut par les touristes, mais j’avais finalement privilégié autre chose.
Je m’acquitte donc de ma promesse to myself aujourd’hui.

Alors c’est vrai qu’il est impressionnant ce Buddha, méditant sereinement face à une ville particulièrement énergique. La bonne nouvelle les amis, c’est que l’endroit n’est pas encore envahi par les touristes.
Le temple est immense et très actif, on y croise énormément de moines. Certains visiteurs achètent aux alentours des animaux dans l’unique but de les relâcher, une pratique traditionnelle du bouddhisme destinée à accomplir une bonne action, et donc soigner son karma.

Le temple est connu pour avoir des moines femmes, mais je n’en ai pas croisé.
Petit bémol, le lieu souffre d’une certaine polémique : ce temple a quelques liens avec le mouvement Dhammakaya, un courant qui pratique un marketing agressif, parfois qualifié de sectaire, qui fait d’immenses profits, et qui a édifié un temple complètement démesuré au nord de Bangkok.
Ca m’a un peu rappelé Skippy des Inconnus, dont les plus jeunes ont évidemment la rèf.


Il fait toujours une chaleur écrasante, heureusement quelques cafés autour permettent de se rafraichir un peu. C’est aussi l’occase pour les jeunes visiteurs de soigner leurs murs Insta grâce à plusieurs points de vue particulièrement sympas sur le temple.


J’ai trainé deux bonnes heures dans cet immense temple qui devrait vite intégrer la carte postale. Ne tardez pas à y aller les amis, avant qu’il ne soit trop tard.
Comme pour les autres balades, on s’en fait un bout en video.
Si je compte bien il nous reste une dernière escapade, je vous emmène visiter un véritable marché local, loin des touristes.
Le marché de Bang Nam Phueng
C’est Nancy, l’épouse de mon amigo Loïc qui nous avait fait découvrir il y a quelques années ce marché caché, niché sur une presqu’île à l’écart des transports publics. Bang Nam Phueng n’ouvre que le week-end, et comme mon dernier jour ici tombe un dimanche, c’est l’occasion d’y retourner.
Le trajet fait partie de l’experience
Le marché de Bang Nam Phueng se mérite. Il faut d’abord prendre le BTS jusqu’à Bang Na, puis une moto-taxi vous emmène à un temple au bord de la rivière, et de là on prend un bateau en croisant les doigts que ce soit le bon.
Coté embarcation, c’est un peu la Française des Jeux. Si à l’aller nous sommes tombés sur un bateau presque aussi gros que le Charles de Gaulle, le retour a été plus spartiate.

En débarquant sur la presqu’ile de Bang Kachao, nous prenons un tuk tuk bus pour le marché. Coté tarifs on est en mode local : la moto taxi il faut compter autour d’un euro, pour le bus une poignée de centimes. et la traversée en bateau est gratuite (du moins on ne nous a rien demandé).

Bang Nam Phueng
A l’entrée du marché, les hauts parleurs balancent la musique de la Songkran, des airs complètements psychédéliques et entêtants. Il est encore tôt, l’heure idéale pour balader ici c’est entre 10h et 13h.

Le marché dégage une ambiance populaire, l’occasion aussi pour les thais de venir déjeuner en famille au bord de l’eau. Les effluves de cuisine nous mettent direct en appétit.
En plus des vêtements pas cher, des plantes tropicales… on trouve de tout en terme de cuisine : des brochettes de porc marinées, des poissons grillés, divers currys, des fruits non identifiés, des desserts souvent à base de coco, et tout un tas de boissons colorées.


Nous options pour des magnifiques sangkhaya (pas sûr du nom) : de la mangue verte et du lait de coco portés presque à ébullition, puis plongés dans l’eau froide pour solidifier.


Pour accompagner, nous commandons par erreur des jus d’orange à une échoppe qui visiblement vendait autre chose. Aucun souci, ici tout est jouable : la serveuse disparait dans le marché et finit par revenir avec nos jus d’orange.

Un peu plus loin nous commandons des gâteaux au curry, puis l’incontournable expresso. Une jeune femme donne une noix de coco fraiche à la barista qui l’ouvre à grand coups de machette (c’est bien connu, toutes les baristas se baladent avec des machettes) puis lui sert son café coco minute.

Me voyant surpris, la cliente m’explique qu’ici on adore mélanger différentes saveurs avec son café. Et c’est pas mon ami Loïc qui dira le contraire, c’est vrai que le café mélangé au jus d’orange frais, « l’espresso som », est très à la mode ici.
Coté bouffe ce n’est pas encore le rush, les cantines se préparent tranquillement. Certaines sont juchées sur de petites barques amarrées le long des passerelles.

Une petite heure à balader dans le marché, nous achetons un peu de pommade magique anti bobo, sans doute pas hyper recommandée par les autorités sanitaires de chez nous, puis nous rentrons sur Bangkok.
Au retour rebelote sur le trajet, sauf que cette fois on a dû traverser l’immense Chao Phraya sur une une coquille de noix, j’étais pas serein…
Allez on revient sur l’escapade en vidéo.
N’hésitez pas les amis à aller visiter ces marchés qui sont de véritable lieux de vies, des sorties prisées pour les thaïs. Si certains marchés flottant sont essentiellement tournés vers les touristes, Bangkok regorge de d’endroits authentiques.
Last night in Bangkok
C’est hélas déjà la dernière soirée, et nous allons rester dans l’authentique. Direction le quartier résidentiel de Ari au nord de Phaya Thai, pour une soirée mookata : le BBQ thaï ultra populaire.



Le mookata les amis, c’est un un peu un mélange de BBQ coréen et de fondue chinoise. Vous pouvez cuire les ingrédients (viandes, légumes, fruits de mer… ) soit dans le bouillon, soit sur la grille chauffée au charbon de bois.
Plus qu’un simple repas, le mookata est un moment de partage. On y va en famille ou entre amis, on y parle fort, on y trinque des verres de Chang en faisant tinter les glaçons.

Après le superbe BBQ, un dernier arrêt chez After You, le glacier branchouille du moment. Un groupe de fêtardes est rentré derrière nous en mode ambiancées, puis un silence religieux une fois qu’elles ont été servies .

Une top soirée, une courte nuit, et je file vers Suvarnabhumi, le magnifique aéroport qui ne se prononce pas du tout comme il s’écrit. Douze heures de vol en direct, j’ai pu chopper à 3 heures du mat’ un des rares sièges avec de la place devant.
Comme toujours, vous pouvez vous abonner.
Si vous souhaitez prolonger sur Bangkok, on retourne sur la visite carte postale ici.
Je vous colle également les liens si vous avez loupé la Songkran 2026 à Chiang Mai ou la cité perdue d’Ayutthaya
Les amis, on en reste là avec cette trilogie thaïe, cette escapade Songkran 2026 au pays du sourire. J’aurais aimé vous emmener autemple de marbre, visiter leWat Arun, prendre un verre sur la rivière ou encore au sommet d’un des nombreux rooftops offrant des points de vue vertigineux sur la ville. Ce sera pour une prochaine …
J’espère vous avoir donné envie de découvrir cette magnifique culture, d’expérimenter la street-food, de visiter des temples au son d’une pop psychédélique dopée aux good vibes, et de vous laisser happer par cette atmosphère chill où tout finit toujours par tomber en marche.
Très bon weekend prolongé, khop khun khap 🙏
Khun Nico
2 commentaires
Merci nico pour ta trilogie Thai qui nous transporte le temps de sa lecture.
Bises de Bologne 4 jours pour apprécier cette ville qui se fait à pied avec une escapade à Ferrara. Ville des tortolinis et de la mortadelle.
Grazie mille 🙂 Bonne escapade bolonaise, Marie-Claire. Bacci