Quelques mois après Loy Krathong en Isan, nous repartons au pays du sourire pour l’autre événement majeur de la culture thaïe : la Songkran, la fête de l’eau qui célèbre le nouvel an bouddhique. Petite escale à Bangkok pour récupérer mon grand ami Loïc installé dans la capitale, puis nous mettons le cap vers Chiang Mai, véritable épicentre des festivités.

Les amis, nous voilà partis pour une trilogie thaïe dont la première étape nous emmène à Chiang Mai. Nous partirons ensuite explorer les ruines d’une cité perdue, avant de revenir sur Bangkok découvrir la capitale un peu hors de la carte postale.
Ambiance « Sawadee Pi Maï« , bonne année thaïe, c’est parti…
Arriving from Bangkok
Le boeing de Bangkok Air touche lourdement le sol après une descente rapide et sans aucun ménagement. Un gros coup de patin, un dernier virage, et nous voilà enfin sur le tarmac chauffé à blanc par la canicule qui s’est installée sur tout le pays ces dernières semaines.

Les montagnes qui entourent habituellement la ville ne sont pas visibles mais nous étions prévenus : les brûlis agricoles de la Birmanie voisine ont recouvert la ville d’un épais fog pas franchement healthy (on « euphémise » un peu histoire de rassurer les proches). Mais, in fine, rien qui puisse nous empêcher de célébrer l’événement comme il se doit.
Retour à Chiang Mai
C’est avec un immense plaisir que je retrouve la belle Chiang Mai huit ans après ma dernière visite. Nous avons pris nos quartiers à l’intérieur de la vieille ville délimitée par des douves et ce qu’il reste des anciens remparts.

Et oui les amis, Chiang Mai, littéralement la « ville nouvelle », était au Moyen Age une cité fortifiée, la capitale du royaume de Lanna.
Centre culturel, politique, religieux et économique de l’ancien royaume, la cité occupait une position stratégique à la croisée des routes commerciales d’Asie du sud-est. La ville a su garder une identité propre lorsque le Lanna a été intégré au Siam, qui deviendra le royaume de Thaïlande.

On peut considérer que Chiang Mai, la « rose du nord », est aujourd’hui la capitale culturelle du nord du pays. Côté timing, nous avons deux jours pour redécouvrir la ville au calme, avant que les festivités du nouvel an thaï ne transforment Chiang Mai en une immense bataille aquatique.
Allez on récupère les chambres, on jette les sacs, et on part explorer.
Chiang Mai, ville Bohème
Huit ans après, je note avec plaisir que rien n’a vraiment changé. Les petites ruelles bordées de maisons basses, ainsi que de petits commerces, vous font vite oublier que vous êtes au cœur d’une grande ville.

Les cafés qui se succèdent, parfois cachés dans de luxuriants jardins, donnent à la ville ce coté bohème que je recherche systématiquement lorsque je me déplace.

Si Chiang Mai a sa propre identité, l’accueil y est comme partout en Thaïlande des plus courtois. Les formules de politesse qui ponctuent chaque phrase, ces longs et chantants « khaaaaa » pour les femmes (des courts « khap » pour les hommes), donnent l’impression d’être reçus en musique.
Sabaï Sabaï
Nous avons donc deux jours pour visiter la ville tranquillement, « sabaï sabaï » comme ont dit ici, avant que les festivités aquatiques ne commencent. Il fait chaud les amis, mais je souffre moins qu’en octobre dernier, peut être parce qu’il fait beaucoup plus sec.

Par cette chaleur il faut vraiment basculer en mode économie d’énergie, tout le monde est en mode « slow down ». Pour nous rafraîchir, nous alignons les es-yen (espresso glacé) , l’une des boissons favorites des thaïs.

Les camps de bases
Nous nous sommes trouvés non pas un, mais deux camps de base : le « Blooming Moon », petit café plutôt à destination des visiteurs asiatiques, et le « See You Soon », sorte de concept store davantage fréquenté par des touristes occidentaux.



Un labyrinthe à explorer
Pour le centre historique, il faut imaginer un gros rectangle traversé par deux grandes rues horizontales et deux grandes rues verticales, et pour le reste une multitude de ruelles dans lesquelles on s’enfonce pour explorer. Ici une petite cantine cachée dans un jardin, là un marché populaire, et bien sur une foultitude de temples mais nous y reviendrons plus loin.


Nous croisons pas mal de touristes, ca nous change de notre escapade en Isan où nous étions les seuls.

Si quelques rues restent animées toute la journée, la plupart sont hyper calmes et zen. Dehors on ne croise pas grand monde, surtout entre midi et seize heures, quand le thermomètre flirte avec les 40 °.
Diner Time
La Thaïlande, vous le savez, c’est le temple de la bonne cuisine. Après une journée à crapahuter et à enchaîner les temples, quel bonheur enfin de se poser. Comme dans toutes les villes thaïes, on a l’embarras du choix : street food, cantines à pas cher, restos bohèmes ou branchouilles… il y en a pour tous les budgets.


Je le confesse, je suis fan de curry et encore plus quand il vient accompagné de « rotis », ces petites crêpes complètement addictives. Sûr de ma prononciation j’en commande, mais je fais alors face à un océan d’incompréhension chez la serveuse qui appelle du renfort. La collègue venue à la rescousse me propose alors tous les « hot teas » du moment, puis tente sans conviction un « pot tea »…

« Roti !» Je lui montre finalement une photo du mets convoité et elle part en souriant. La serveuse initiale va immédiatement aux nouvelles, hors de question de quitter le service sans savoir ce que le « farang » pouvait bien vouloir commander. Lorsqu’elle obtient le fin mot de l’histoire, elle lâche un long « hoooooo » dubitatif, suivi d’un immense éclat de rire. Je lui ai fait sa soirée avec ma prononciation de « rotis ».

Au fait, c’est quoi un « farang » ? Un farang c’est un occidental, ca vient des Francs ( un peuple qui a pris le pouvoir en Gaule et donnera son nom à la France) avec qui les perses et les thaïs étaient déjà en contact.
Night Bazaar
La nuit tombe, direction le marché de nuit un peu en dehors de la vieille ville. J’en profite retrouver autour d’une bonne bière Ed, un ancien collègue américain qui s’est installé pour sa retraite à Chiang Mai avec sa femme Barbara.

La porte Est de la vieille ville est très animée : on y trouve la « rue de la soif » avec ses bars à pas cher et ses salons de massage bas de gamme devant lesquels les masseuses en font des caisses pour attirer le chaland. Au bout de la rue, le night bazaar où vous pouvez dénicher tout et n’importe quoi.
Pour moi ce sera une chemise colorée traditionnelle de la Songkran, qu’on peut difficilement porter ailleurs qu’ici.

Un petit stop pour se ravitailler en eau au7-Eleven, le magasin roi en Thaïlande, ouvert 24 h/24, où tout le monde fait ses courses et dont certains sont de véritable lieux de vie.

Conseil important les amis, choisissez bien de l’eau minérale car ici on trouve beaucoup d’eaux purifiées mortes qui ne servent à rien. Pour de vraies eaux minérales, vous avez Aura et Mont Fleur.
Allez, je vous emmène découvrir quelques temples emblématiques de la ville.
Les Wat
Pour citer Avatar, car je ne manque jamais de mettre à l’honneur les grands auteurs, à Chiang Mai si vous jetez une pièce en l’air, elle a de grandes chances de retomber sur quelque chose de sacré.

Avec ses trois cents temples (« wat » en thaï), la ville est un centre religieux majeur de la Thaïlande, et encore plus la veille du nouvel an bouddhique. J’adore flâner dans ces temples qui sont souvent très animés quand on compare par exemple au Japon. Je vous en ai sélectionné quatre un peu emblématiques pour votre future visite ici.

Les éléphants du Wat CHedi Luang
Ce temple majeur trône au cœur de la vieille ville, il est connu pour son immense chedi entouré d’éléphants, qui a été coupé en deux par un tremblement de terre.

Du temps du royaume de Lanna, avec ses 80 mètres de hauteur le temple dominait toute la capitale.

C’est un temple constamment animé qui accueille toujours de nombreux visiteurs et il encore plus beau quand vient la nuit.

Juste à coté, le temple Wat Phan Tao construit en teck mérite qu’on y consacre un peu de temps.

Allez, on saute dans un tuk-tuk et on part dans la forêt visiter un des temples les plus singuliers.
Les tunnels du Wat Umong
À l’écart de Chiang Mai, enfoncé dans la forêt, le Wat Umong est dédié à la méditation, et beaucoup de visiteurs viennent y faire des retraites. Son originalité tient à ses tunnels conçus pour méditer. Alors je ne sais pas si l’on peut vraiment parler de méditation, mais j’ai laissé un bout de crâne en haut d’un escalier.



Dans son cadre bucolique, le temple est sans doute l’un des plus zen de la ville. Les vieilles pierres donnent une petite ambiance Indiana Jones plutôt sympa.


On prend de la hauteur et on grimpe sur la montage sacrée.
Doi Suthep, la montagne sacrée
C’est le temple majeur de Chiang Mai, l’un des plus importants de tout le pays. La légende raconte qu’un éléphant blanc portant une relique de Buddha a grimpé sur la montagne pour y mourir, et qu’un temple fut alors construit sur place.


Le temple accueille énormément de pèlerins qui viennent prier en tournant autour du Chédi doré qui héberge la relique de Buddha.



Chacun pouvant s’exprimer sur les tissus dorés, j’ai laissé un petit souvenir de mon passage ici.

En temps normal on profite depuis le temple d’une très belle vue sur la vallée, mais avec la pollution amenée par les brûlis birmans, tout n’était plus que fog autour de nous.
On redescend en ville découvrir mon temple préféré.
Wat Sri Suphan, le temple d’argenT
Au sud de la vieille ville, pas très loin de notre hôtel, on trouve dans l’ancien quartier des artisans argentiers le temple à mon sens le plus original de la ville.

Wat Sri Suphan, un temple décoré d’argent, de nickel et d’aluminium… et le tout fait à la mano.


Je trouve l’endroit fascinant. Pour l’anecdote, une partie n’est accessible qu’aux hommes et aux moines. Alors je vous vois venir les copains avec vos propos sexistes du genre « enfin un peu de silence », pas de cela ici. Mais c’est vrai que c’était calme.



Dans l’école, les élèves moines travaillent l’argent et revendent leurs œuvres. Tout autour, des artisans participent à faire évoluer sans cesse les décorations.

Et voilà, je vous propose de nous faire une petite balade en vidéo pour profiter de l’ambiance.
Les amis, nous avons fait le tour des temples, il est maintenant temps de s’armer car dans quelques heures toute la ville va se transformer en immense champs de bataille aquatique.

Chiang Mai Songkran Festival
Le lundi 13 avril sonne le début des trois jours de festivités de la Songkran, et Chiang Mai se transforme alors en terrain de jeu où « Thaïs » comme « farangs » (les occidentaux) s’arrosent copieusement tout au long de la journée.

Si, à la base, la tradition voulait que l’on verse un peu d’eau parfumée sur ses proches pour les protéger et les purifier, la Songkran, et surtout ici à Chiang Mai, s’est transformée au fil des ans en une immense water party.
Les prépératifs
Sachez les amis que si vous êtes à Chiang Mai pendant ces trois jours de Songkran, vous ne pourrez pas y échapper et vous finirez probablement votre journée trempés. Il va falloir vous équiper de pochettes imperméables pour votre téléphone et vos bahts (monnaie locale). Laissez surtout vos papiers à l’hôtel, ce serait dommage de ruiner votre passeport.

Il vous faudra accessoirement une chemise Songkran, vous en trouverez sur le marché pour une quelques euros.
En signe de bénédiction et de purification, certains locaux viennent vous déposer sur les joues du « din sor pong », une pate constituée de poudre calcaire blanche mélangée à de l’eau parfumée.

Ensuite vous pouvez décider d’y aller en mode nomade, ou bien vous poser dans un QG. Nous avons navigué entre deux établissement essentiellement squattés par des farangs et plutôt animés : le « Moat House » et le « Lucky & Spicy ».

Mais pour rejoindre votre lieu de destination, il vous faudra traverser la vieille ville, où les Thaïs ont déjà monté leurs checkpoints devant leur maison ou leur boutique.

La fete populaire Thai
Si les touristes se prêtent au jeu avec grand plaisir, les vrais fans sont les thaïs eux mêmes. A scooter, à pied, ou en famille sur des pick-ups, ils sillonnent la ville et arrosent à tours de bras.


Même les moines participent, mais en mode hyper chill, en mode moine quoi.

Thais contre farangs
Le long des douves, la bataille tourne à l’affrontement pacifique entre les touristes (farangs et asiates) qui squattent les terrasses, et les locaux qui sillonnent la ville.





Loin des spots trop agités, vous croisez dans les ruelles de tout jeunes gamins qui arrivent à peine à porter leur seau. Ils vous demandent poliment s’ils peuvent un peu vous arroser, et quand vous acceptez vous leur faites leur journée
Quand on voit comment les enfants ici s’amusent et rient sous les jets d’eau, on ne peut qu’avoir une pensée pour les autres moins chanceux, ceux qui pleurent et meurent sous les bombes, dans l’indifférence. Ne cessons jamais de nous indigner les amis.

Retour aux festivités. Avec mon pote, on participe en mode encore plus chill que les moines. On a quand même acheté un petit seau, histoire d’envoyer quelques vagues aux pick-ups de passage entre deux binouzes.

La water party dure toute la journée, et même à la tombée de la nuit elle continue encore pour une poignée d’irréductibles Thaïs.

Alors il y a une ombre au tableau : j’avais mal fermé mon sac à dos, et mon petit compact, qui m’accompagne dans tous les concerts et qui m’a permis ici de réussir quelques photos sympas, est HS.
Allez on s’en fait un petit bout de la Songkran en vidéos.
Et voilà les amis, j’espère vous avoir donné envie d’aller découvrir la belle Chiang Mai, en période de Songkran ou pas. On en reste là pour ce premier épisode thaï ; la suite va nous emmener dans une autre ancienne capitale, une cité perdue qui baigne dans une ambiance hyper zen.
Si vous souhaitez vous abonner, c’est ici
Bonne fin de week-end.
khop khun khap.
N.
2 commentaires
Merci niko pour ce partage sur chang Mai et la fete de l eau. Ta chemise est haute en couleur et à le ton de bonne humeur et de la fete de l eau. Ce we a tokyo la fete de l eau a été honoree au parc Ueno. Sommes encore 48 h au japon ou nous avons passé le mois d avril. Le plus grand boudha blanc (100m de haut) et ses 108 divinites à l intérieur est à Sendai.
Superbe ! Profitez bien. J’ai ramené la chemise et je me suis engagé à la porter au prochain apéro à la casa 🙂