Cette semaine, je vous emmène au Zénith pour vous faire (re)découvrir le thrash metal, un sous-genre particulièrement musclé du hard rock. Des pionniers du genre étaient de passage à Paris pour entretenir la flamme , une flamme sans doute échappée du Tartare, au cœur du royaume d’Hadès.

Ce soir on attend les Exodus, Kreator, Carcass et autres Nails… Alors on prend ses quatre bouchons d’oreille (là il faut prévoir la paire de secours), on saute dans le métro, on embarque avec Charon pour franchir le Styx, on négocie l’entrée avec Cerbère et on pousse la porte d’un Zenith surchauffé pour une soirée qui s’annonce animée.

Thrash Metal, kezako ?
Le thrash metal, que l’on peut traduire par « metal qui frappe vite et fort », est né aux US au début des années 80, en grande partie en réaction aux groupes de Glam Metal, un espèce de hard rock commercial taillé pour percer dans les charts, et qui pour certains trahissait l’héritage des pionniers britanniques du genre ( Black Sabbath, Judas Priest..).
Le Big Four
On parle souvent de Big Four pour le thrash metal : les quatre plus grands noms du genre. Si Metallica, le groupe qui a popularisé le style et l’a porté sur le toit du monde, fait quasi l’unanimité, pour les trois autres c’est un peu comme pour l’équipe de France de foot : chacun a sa compo.


Pour ma party j’y mettrais Megadeth, le groupe de l’enfant terrible Dave Mustaine que l’on a croisé plusieurs fois ici. J’ajouterais également Anthrax, quand au quatrième je vous laisse choisir : il est de bon ton de faire planer un sentiment de démocratie sur ses terres, histoire de ne pas trop tenter les spécialistes du regime change…
Alors les amis, sorti de mon Big Four, je ne suis pas un grand fan de thrash metal, mais j’adore l’ambiance des concerts. Allez, on rentre dans l’arène.
Une nuit en enfer
Je crois que j’ai commencé à entendre Nails jouer j’étais encore dans le métro. Faut dire que le petit poucet californien a été programmé à 18h, on peut aimer les musiques extrêmes et taffer. Le temps de passer à la boutique et de gouter l’IPA du soir, et Exodus monte sur scène.

Direction la fosse où le public est, comme toujours pour le thrash metal, particulièrement jeune et, ça va avec, énergique. Ce qui est toujours surprenant quand on sait que les routards du soir affichent plus de quarante ans de carrière au compteur.

ExodUS – Bonded By Blood
Fondé au début des années 80, Exodus fait partie de ces groupes mythiques qui sont toujours restés fidèles à leur ligne : zéro compromis, zéro concession. C’est aussi pour cela que les californiens reçoivent une énorme ovation en montant sur les planches.

Le groupe a été formé par Kirk Hammett, qui a ensuite rejoint Metallica pour remplacer Dave Mustaine s’est fait viré, et va fonder Megadeth.
Metallica, Megadeth, Exodus… trois groupes qui sont donc, d’une certaine manière, liés par le sang. Et Bonded by Blood c’est aussi le nom du premier album d’Exodus, sorti en 1985. Un concentré de rage pure, et le seul opus du groupe que je connaisse vraiment.


Mais dans le metal, on revient toujours aux origines, « back to the early days » comme aiment l’annoncer ces routards qui tournent depuis des décades. Bonded by Blood sera bien mis à l’honneur ce soir, porté par un Gary Holt qui tient la guitare depuis les débuts, et par un Rob Dukes au coffre étonnant.
Une très belle prestation, qui va s’achever par une séquence émouvante où les musiciens se frappent la poitrine en criant « we are Exodus ». Quarante ans plus tard ils sont là plus que jamais. Bravo Exodus.

C’est autour de Carcass d’investir la scène, nous les avions vus au Mondial du Tatouage il y a deux ou trois ans, l’occasion d’aller prendre un peu l’air.

Kreator – Highway to Hell
Parallèlement à la scène californienne, le thrash metal s’est également développé outre-Rhin. Et ce soir, ce sont les Teutons de Kreator qui font office de tête d’affiche et qui vont clôturer la soirée.
Si Kreator s’est également formé au début des années 80, le groupe dispose aujourd’hui d’une énorme fan base, et déplace lors des concerts des jeunes aficionados. Si je ne suis pas fan de leur musique, je dois concéder qu’ils ont l’art du show.

21 h 30, le rideau tombe après une très belle séquence animée autour de la violence de l’humanité, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours (on y voit même Renée Good, assassinée par Ice à Minneapolis). La scène découvre alors un décor complètement dantesque.
Si les Megadeth, Metallica et autre Anthrax développent surtout des thèmes politiquement engagés, le monde de Kreator, lui, tourne autour des démons et de l’apocalypse



Pas fan donc de leur musique, mais je me suis laissé emporter par la foule, qui nous traine et nous entraine… Une heure trente de gros spectacle, de slam, j’en ai même perdu mon téléphone et j’ai cru que je n’allais jamais le retrouver.


Une heure trente de décibels et d’agitation, allez on se fait l’ambiance en vidéo.
Et voilà les amis, vous voilà maintenant docteurs en thrash metal : la ligne sur votre CV qui ne fera sans doute pas la différence mais n’hésitez pas, pour l’ambiance ou même pour économiser une séance de cardio à la salle, à aller participer à un concert de musique extrême si l’occasion se présente.
Pour vous abonner, c’est ici :
A suivre, une escapade à vélo, puis on partira far away participer au Nouvel An Bouddhique.
Bon concert 🤘🏼et bonne fin de week-end.
N.