Cette semaine je vous propose un voyage mystique qui va nous emmener au cœur de l’Inde mystérieuse, à la rencontre d’un immense personnage du panthéon hindou : Ganesh, le dieu à tête d’éléphant.

Et tout ça en soignant son bilan carbone, les amis ! On saute dans un métro, direction Little Jaffna, le quartier tamoul qui s’étire entre la Gare du Nord et le métro La Chapelle, pour participer à l’une des célébrations les plus folles de Paris.
Little Jaffna
La Chapelle. La rame se vide quasi entièrement. Il est à peine dix heures du matin et, depuis le métro aérien, on aperçoit déjà la démesure ce qui nous attend .

La communauté indienne, mais pas que, a répondu présent, et le quartier est déjà chargé. Les petites rues vibrent des couleurs éclatantes des saris. Les sonos crachent ici de la musique traditionnelle, là de l’électro made in Mumbay. Les encens et les effluves qui s’échappent des cantines achèvent de vous transporter loin, très loin de la capitale.


Le quartier est encore en plein préparatifs. Des autels sont installés devant les commerces, au pied desquels s’amoncellent des monticules de noix de coco saupoudrés de curcuma.

Le quartier Tamoul
Le quartier est surnommé Little Jaffna car il abrite une importante communauté tamoule, un peuple principalement présent dans le sud de l’Inde et au Sri Lanka. Jaffna est l’une des principales villes du nord du Sri Lanka et un important centre historique et culturel pour les Tamouls.

Dans les années 1980, les tensions entre la majorité cinghalaise et la minorité tamoule tournent à l’émeute, puis à la guerre ouverte. Avec l’émergence des Tigres de libération de l’Eelam tamoul, mouvement séparatiste qui réclame un état indépendant pour les Tamouls, nous voilà partis pour une guerre civile qui va durer près de trente ans.

Beaucoup de Tamouls vont alors se réfugier en europe, notamment à Paris, et plus particulièrement dans le quartier de La Chapelle. Un quartier qui va progressivement devenir le point de chute de la communauté tamoule, avec ses commerces, ses restaurants, ses associations et ses lieux de culte.
Au passage, les tigres tamouls ne sont jamais bien loin du quartier indien, il suffit juste de lever les yeux.

Aujourd’hui, Little Jaffna, c’est l’assurance d’un dépaysement total. Vous y trouverez tout ce qui tourne autour de la culture indienne : des magasins d’étoffes aux épiceries spécialisées, en passant par les pâtisseries, les restaurants, le tout Bollywood ( Kollywood pour les films tamouls), les bijouteries, sans oublier les boutiques ayurvédiques …

Et surtout, une communauté qui fait vivre ses traditions, et célèbre aujourd’hui, dans une explosion de couleurs, Ganesh, le dieu de tous les possibles.

La Fête de Ganesh
J’avais découvert la Fête de Ganesh en compagnie d’une personne d’origine indo-mauricienne, et qui m’avait expliqué toutes les subtilités de cette célébration. Trois ans après j’ai pas mal oublié, mais j’ai toujours un immense plaisir à revenir me mêler à ces festivités hors norme.

Ganesh, le dieu Elephant
On se doute bien qu’il existe mille légendes autour de Ganesh. L’une des plus répandues raconte que Shiva, qui est un homme les amis, de retour d’une longue période de méditation, trouva un jeune homme qui lui barrait l’entrée de sa maison.
Furax, Shiva sort son épée et tranche la tête de ce jeune homme un peu trop zélé, sans se douter une seule seconde qu’il s’agit du fils de sa compagne Pârvatî. Sentant arriver la grosse dispute conjugale, Shiva promet de réparer, mais la tête est introuvable. Il s’engage alors à remplacer la tête de l’enfant par celle du premier être vivant qu’il rencontrera tt devinez quoi : il tombe sur un éléphanteau.

Dans la mythologies, Ganesh est le dieu de la sagesse, de l’intelligence et de plein d’autres choses. C’est aussi celui qui supprime les obstacles dans la vie, ce qui peut expliquer qu’il est sans doute la divinité la plus vénérée dans l’hindouisme.
On commence à avoir sérieusement du mal à circuler : au loin le défilé, qui est parti d’un temple hindou situé à quelques rues, pénètre dans le quartier.
Le défilé
Le point d’orgue des célébrations reste donc ce défilé qui va fendre la foule, mêlant fidèles, musiciens, danseurs… Il est précédé de petites camionnettes qui vendent des offrandes destinées au dieu Ganesh, permettant à chacun de participer à la cérémonie.


Plutôt que de refaire l’erreur des années précédentes et d’aller directement à la rencontre du cortège, là où la foule est la plus dense, je me suis trouvé un petit coin sympa et j’ai tranquillement attendu qu’il passe devant moi.
La procession est spectaculaire, avec une mention spéciale pour celles qui portent du camphre enflammé dans des pots en terre cuite posés sur leur tête, censé purifier l’air et chasser les ténèbres, et sans doute aussi aider les souhaits à monter vers le ciel, à dos de fumée.

Et puis viennent les chars : celui de Ganesh, tiré à la force des bras par les hommes, et celui de son frère Muruga, exclusivement par les femmes. On va se prendre au passage une saucée carabinée pendant une bonne vingtaine de minutes, mais pas de quoi doucher la ferveur des participants.


Les noix de Coco
Les noix de coco occupent une grande place dans cette fête de Ganesh. Dans l’Hindouisme la coquille symbolise l’illusion du monde, sa chair le fameux karma, et son eau l’égo de l’homme.
Au passage des chars, les fidèles cassent les noix de coco pour briser l’illusion du monde, se libérer de leur égo, et offrir leur cœur à Ganesh.


Allez, on se plonge un peu dans ambiance en vidéo.
Après la procession, vous pouvez assister à des concerts, ou encore vous poser déjeuner dans l’un des nombreux restaurants du quartier, dont la plupart proposent ce jour-là un menu unique,afin de pouvoir répondre à l’affluence. L’un de mes préférés est Le Petit Veg, cuisine tamoule vous l’aurez deviné.

Et voilà les amis, on en reste là pour cette escapade mystique au cœur du quartier indien de Paris. J’espère que vous avez aimé voyager avec nous, et que l’été prochain vous n’hésiterez pas à venir assister à cette Fête de Ganesh assez dingue, et à prendre au passage, comme souvent sur ces pages, un bon shot de vivre ensemble.
Namasté ! 🙏
N.