Cette semaine on file tout au nord de la Belgique découvrir un des plus grands festivals de musique métal en europe. Le Graspop Festival, qui était à la base comme son nom l’indique un festival de pop, a su se réinventer lorsqu’il a commencé à décliner en prenant un virage radical vers l’univers du métal.
Le festival s’est forgé au fil des années une solide réputation. Concurrent direct du Hellfest qui se déroule au même moment, le lieu a programmé pour son édition 2025 pas moins de 140 groupes pour le plus grand bonheur des 220 000 festivaliers attendus.

Les amis c’est parti, on prend ses bouchons d’oreilles, on saute dans une voiture avec une bande de passionnés très sympas, et on met le cap sur la région d’Anvers près de la frontière néerlandaise pour rejoindre le site du festival.

Arriving Graspop
Quelques heures à discuter musique et jeu de rôles (les contrées de l’imaginaire et les royaumes du métal ont des frontières poreuses) et nous arrivons à Bessel où est implanté le site. Nous tournons un peu pour trouver le parking.
La légende raconte qu’ici en Flandre on n’aime pas trop les francophones ; contre toute attente nous sommes accueillis avec des grands sourires par des flamands qui s’essayent même à la langue de Molière. Le métal c’est inclusif les amis, ici on aime tout le monde et on accepte toutes les différences.

La Boutique
Les deux premières choses que fait invariablement un métalleux quand il arrive sur site, sans ordre de priorité, c’est de commander une bière et de visiter le merchandising pour s’équiper. Avec une quarantaine de groupes attendus sur scène rien que pour aujourd’hui, dont de sacrées têtes d’affiches, il y a l’embarras du choix à la boutique.

Ne vous-y trompez les amis, le look des fans de metal est particulièrement travaillé, un procédé en amélioration continue comme on dit dans les réunions qualité.
Cashless and Skullies
Lorsque vous pénétrez dans l’immense enceinte, on vous équipe d’un bracelet connecté qui vous donne tous les accès et va vous permettre de régler en skully, la monnaie du festival. Alors attention les amis car 1 skully c’est pas loin de 4 euros, à garder en tête lorsque vous déambulez à travers les stands.

On vous fournit en même temps des jetons en plastique pour les verres consignés, des précieux dont l’utilisation s’avère beaucoup plus touchy qu’imaginée. Si vous avez deux candidats à départager pour un poste à haute responsabilité, demandez lequel sait vous expliquer comment fonctionnent les jetons des consignes au Graspop.
Graspop festival
Teeshirt à l’effigie du festival, appli installée sur le téléphone et bracelet chargé, nous sommes enfin ready pour partir explorer le site. Bars, food trucks, camping, marché, et même des manèges… le festival s’enroule autour de ses cinq scènes qui fonctionnent toute l’après midi jusque tard dans la nuit.
Coté fréquentation nous serons autour de 60 000 aujourd’hui, on trouve toutes les générations et c’est très mixte.

Nous craignons la canicule mais, après une petite pluie qui a mis un peu la panique, nous avons eu droit à une alternance de ciel bleu et de nuages, idéal pour ne pas trop cramer car la plupart des scènes sont découvertes.
Les Scènes
Elles s’appellent Jupiler, Marquee ou encore Metal Dome, les cinq scènes tournent à plein régime et il y a toujours de la musique quelque part.

L’appli du festival permet de suivre en temps réel la programmation et de pouvoir facilement naviguer d’un band à l’autre.

Les groupes qui m’intéressent vont essentiellement performer sur deux immenses scènes côte à côte et qui alternent sans aucun temps mort. Pendant qu’un groupe joue sur l’une, les équipes préparent l’autre pour le groupe suivant.

Bars et foodtruck
Il se fait faim, le festival est bordé sur tout son périmètre d’un nombre incalculable de bars, cuisines et foodtrucks. Vous trouvez absolument toutes les cuisines du monde, et contre toute attente tout ce que j’ai pu gouter était vraiment sympa.


Nous optons pour un petit encas local, à base de belgian beer et de french fries.. pardon de belgian fries.




Les concerts de l’aprem’
Bon les amis c’est bien sympa tout ça mais il ne faut pas oublier que nous sommes là principalement pour la musique. Le truc étrange avec le metal c’est que, même si la jeune garde pousse, les têtes d’affiches restent des groupes qui tournent depuis au moins trente ans. Nous nous callons pour les trois premiers concerts de l’après midi sur la North stage.

Après le groupe de metal symphonique allemand des Beyond the Black qui a délivré un super set, bien mené par sa front woman Jennifer Haben, débarquent deux légendes du metal : Krokus et Savatage
Krokus, les chasseurs de têtes
C’est en rentrant de son école de cuisine que le le fondateur du groupe a aperçu ces fleurs à travers les vitres du train, les crocus. Plus doué devant l’ampli que derrière les fourneaux, le suisse Chris von Rohr va monter un groupe de rock progressif en 1975, Krokus, qu’il va réorienter vers le hard rock après avoir assisté à un concert monumental d’AC/DC.
Le rêve de beaucoup de groupes de metal, Krokus va vite percer aux US et se mêler aux têtes d’affiches du genre.

Cinquante ans plus tard les suisses sont toujours là, ils ont ouvert sur « Headhunter » qui est un hymne de la musique métal et nous ont offert un super show, entre humilité et messages de paix, des seigneurs.
Petit break au marché
Le groupe qui suit je les ai vu ouvrir pour Pantera, j’en profite pour filer au marché metal. Une caverne d’Ali Baba pour peaufiner son look, ou encore dénicher des artéfacts inutiles donc indispensables.

Un porte gourde en cuir, des clous, un kilt, une cote de maille ou d’inquiétants chatons, il y en a pour tous les gouts et pour toutes les bourses.



Allez une petite bière chez les belges et on file accueillir Savatage.
Savatage
Encore un groupe qui n’est pas né de la dernière pluie, les américains de Savatage se sont formés au milieu des années 80. Véritables story tellers, Savatage mélange rock progressif et métal symphonique en soupoudrant d’influences venants de la musique classique. Savatage fait partie de ces groupes des années 80 et qui ont su renouveler leur fan base, beaucoup de jeunes étaient massés aux premiers rangs.

Un truc pas banal, imaginez-vous les amis que Savatage c’est presque un hobby pour ces musiciens qui, quand le groupe a eu un coup de moins bien, ont monté le Trans-Siberian Orchestra : un orchestre qui joue des musiques de Noel en mode opéra rock. TSO est très populaire aux states, mais ca n’empêche pas Savatage de tourner, bien au contraire.

Le groupe a joué ses grands classiques, dont l’immense « Gutter Ballet » et son intro complètement spleen au piano, une intro reprise en chœur par tout le public. Allez, on repart naviguer dans le festival, les Judas Priest sont attendus dans une heure.
Judas Priest pour terminer le bal
La nuit tombe doucement sur le Graspop. Beaucoup se sont installés dans la plaine centrale et chillent tranquillement en écoutant la musique qui vient des scènes au loin. Si on compare avec les concerts classiques où l’on se déplace spécifiquement pour voir un groupe, dans les festivals la ferveur est plus diluée car vous naviguez d’une scène à l’autre, et assistez parfois à des concerts de groupes dont vous n’avez jamais entendu parler.

Nous commençons à nous rapprocher de la scène nord où l’un des monuments du genre est attendu. Groupe pionnier originaire de Birmingham, la ville anglaise berceau du heavy metal, les Judas Priest sont les têtes d’affiches indiscutables de cette fin de festival.

A leur entrée, la bande à Rob Halford est accueillie comme il se doit. La tournée est orientée sur l’album « Painkiller« dont c’est le 35ième anniversaire, et je fais partie de la basse classe sociale qui s’est arrêtée juste avant. Je connais quand même le morceau « Painkiller » et son intro démente à la batterie, un morceau qui porte bien son nom car c’est un véritable concentré de rage qui vous anesthésie littéralement.

Le groupe a toujours la patate, Rob Halford doit parfois lire les paroles des morceaux de l’album Painkiller que le groupe n’a pas l’habitude de jouer sur scène, privilégiant habituellement sa multitude de tubes concentrés sur les 12 premiers albums.

Rob Halford a refait le coup de la moto sur scène, un grand moment pour un final sur Leaving After Midnight. Un superbe show et il est déjà temps de quitter les lieux car nous avons maintenant la route à faire pour rentrer en France.



Allez je vous colle un petit montage pour partager un peu l’ambiance du festival.
Et voila les amis, on en reste là avec cette immersion dans cette grande messe du metal, j’espère vous avoir donné l’envie d’aller rencontrer cette belle culture. Un grand merci à la Graspop team, et en particulier à Alan qui nous a drivé comme un chef à travers la Belgique, à l’aller comme au retour.
A suivre, des lieux oniriques un peu confidentiels sur Paris que vous ne pouvez plus ignorer.
Bon week-end
N.