De retour de notre superbe escapade à Bangkok et en Isan, nous reprenons notre routine parisienne en musique. Après HK et La Ruda, nous continuons à explorer la scène alternative française, cette fois avec sans doute son représentant le plus sulfureux, définitivement le moins fréquentable, je veux parler de l’ignoblissime Didier Super.

L’enfant terrible est de retour sur scène avec son groupe Discount pour une belle tournée, et il était de passage le weekend dernier à l’Elysée Montmartre, l’une des salles mythiques de Pigalle.
L’Elysée Montmartre
Il est 19h quand nous débarquons à l’Elysée Montmartre, une salle emblématique qui, depuis plus de 200 ans, fait résonner les grandes fêtes de Pigalle. Ancien haut lieu du French cancan et repaire des artistes de la Butte, les Picasso, Toulouse-Lautrec et bien d’autres, la salle a traversé les âges et demeure aujourd’hui un incontournable de la nuit parisienne

Le lieu est quasi mitoyen d’une autre salle mythique, le Trianon, qui accueille Lorie ce soir. Deux salles, deux ambiances donc, Didier Super conseillera plusieurs fois à ceux qui ne sont pas capables d’encaisser ses provocations d’aller plutôt passer la soirée à côté.



Nous sommes bien seuls en arrivant, Mathilde qui nous manque ce soir n’est pas de la partie, je suis venu avec mon grand ami Alec qui découvre comme moi le phénomène Didier Super.
Hélène Piris ouvre le bal
Il est un peu plus de 19h30 et la salle sonne encore un peu creux lorsque Hélène Piris entre sur scène armée de son seul violoncelle. Artiste talentueuse et très engagée, qui défend ses idées sur des textes parfois décalés et avec humour, l’auteure-compositrice-interprète va réussir à embarquer tout le monde dans son univers.


Hélène Piris nous a fait passer un chouette moment, je lui souhaite d’obtenir la médiatisation qu’elle mérite.
Didier Super provoque l’Elysée Montmartre
Le temps de réaménager l’espace, Didier Super investit la scène déguisé en espèce de gourou métalleux, avec dans son sillage son groupe Discount et ses choristes : les Sous-Marques. Le temps de balancer quelques horreurs, et c’est parti pour une soirée placée sous le signe de la provoc et du trash.

Un personnage subversif
Après des débuts comme artiste de rue, le natif de Douai commence à écrire des chansons « à la con ». Olivier Haudegond, de son vrai nom, va vite se tourner vers le subversif, vers l’humour trash et satirique.

L’artiste donne naissance à Didier Super, un personnage à la fois bête et méchant, au style volontairement approximatif et aux textes provocateurs et vulgaires. L’idée affichée est, sous couvert de brutalité, de pousser à la réflexion sur les problèmes sociaux et sociétaux.

Auréolé d’un petit succès underground le gars reste authentique, n’hésitant pas à aller uriner sur la porte de sa maison de disque, ou à mettre ses morceaux en téléchargement libre juste pour emmerder la prod.
Didier Super vomit Sur le l’Elysée Montmartre
Pendant deux heures, Didier Super va s’en prendre à la terre entière, les riches, les pauvres; les minorités, les chômeurs, ceux qui bossent, les gauchos, les fachos. Il provoque régulièrement le public, avec les « jeunes mongols qui cassent les c… devant « et les « vieux gauchiasses qui roupillent au fond ».

Misogyne à l’extrême, les féministes vont focaliser l’attention de l’artiste. C’est tellement convaincant qu’on se demande parfois si tout reste bien au second degré. À un moment, alors qu’il était remonté contre les végans, l’une des Sous-Marques s’est approchée avec un canon et a projeté de la salade dans toute la salle.

Didier Super s’en est pris au juifs, aux arabes, aux noirs (s’excusant au passage auprès de la sécurité). Ils nous a fait appeler les kamikazes et a interprété une chanson dédiée au Bataclan. Une chanson qui a durée max 5 secondes, délicieusement gore.
Alors c’est vrai que c’est décousu, chaque morceau est interrompu plusieurs fois pour laisser le personnage cracher sa bile. Pourtant un mosh s’est créé juste devant nous et ça se bouscule gaiment. La jeune fille devant moi est tombée lourdement deux fois de toute sa hauteur sans que personne ne l’ait vraiment touchée.

Didier Super brutalise son public, l’emmène dans un total inconfort. Si cette fois tout s’est bien passé à part quelques insultes et provocations échangés avec les jeunes devant, il est arrivé que certains concerts tournent mal.

Coté musique on est sur un style punky, il y a quand même un twist avec la guitariste mais je le garde pour moi histoire de pas spoiler.
Au final, deux heures bien acides où l’on se demande parfois qu’est ce qu’on fait là, deux heures de provocations, d’insultes et de blasphèmes. Le gars est attaquable sur chacune de ses sorties, mais la beauté de la démocratie, c’est de pouvoir se sentir outragé à un concert de Didier Super.

On en reste là avec Didier Super, n’hésitez pas à aller avaler quelques couleuvres lors d’un ses concerts/one man show : le bougre a pas mal de dates de prévues, à commencer par ce soir à Bruxelles et le weekend prochain à Lille.
Aller on se remet un peu dans l’ambiance.
Coté scène alternative française je devais aller demain à un concert des « yeux d’la tête » mais la grippe en a décidé autrement. Je vous colle dessous un article sur HK et sur le grand orchestre de la Ruda.
Bon week-end avec un peu d’avance.
N.
1 commentaire
Interesting to hear about the return to Paris and continuing exploration of the alternative scene after Bangkok and La Ruda – I found some related style inspiration on https://tinyfun.io/game/k-pop-hunter-fashion while looking for similar vibes.