Après de longues semaines d’hiver, je vous propose de dépoussiérer les vélos et de repartir le long de notre belle Marne, à la recherche d’une alternative à Sceaux pour admirer les cerisiers en fleurs. Le printemps, lui, paraît avoir remporté son offensive, précipitant la floraison des sakura, les cerisiers que nos amis nippons aiment tant contempler.

Quelques coups de pompe pour faire sortir les pneus de leur hibernation, et nous voilà partis à travers un bois de Vincennes qui reprend des couleurs.
Le bois de Vincennes
Ça fait longtemps que je pense écrire sur ce bois que j’adore, un bois qui commence à reprendre des couleurs sous ce soleil qu’on n’attendait plus. Une petite halte au lac de Saint-Mandé, autour duquel sportifs et promeneurs s’activent déjà, puis c’est la descente vers la Marne.

Si toutes les routes mènent à la Marne, beaucoup sont aujourd’hui bloquées par le semi-marathon de Paris.
Le long des courses, on a souvent droit au DJ balourd qui envoie les décibels, persuadé d’ambiancer la foule en agitant le poing. À Vincennes on est sur un autre registre : une fanfare joue le Lac des cygnes. Certains s’essaient même à quelques battements d’ailes, mais sans le tutu, le cygne saute moins aux yeux.

Retour sur la Marne
Quelques petits voltes pour éviter les coureurs, puis la longue descente et nous débouchons sur le pont de… Joinville-le-Pont. On ne pouvait guère trouver début de parcours plus rationnel.
Et quel plaisir de retrouver cette belle Marne avec ses eaux vertes, ses canoës colorés et ses saules pleureurs qui descendent effleurer l’eau. Une Marne baignée d’une lumière poudrée, par un soleil sur le point de percer.

la Marne apaisante
De pistes cyclables en chemins de halage, de guinguettes en clubs d’aviron, d’une année sur l’autre le paysage reste familier. Si la Marne n’a pas encore retrouvé toutes ses couleurs, son cadre bucolique et apaisé est déjà bien présent.

Rollers, joggeurs, cyclistes ou simples promeneurs : on sent que beaucoup attendaient de pouvoir revenir profiter de ce cadre privilégié.

Une Marne en déCrue
Lors de notre précédent passage une semaine plus tôt, la Marne avait débordé de toutes parts, façonnant des paysages un peu lunaires, avec des chemins noyés et des arbres les pieds dans l’eau. Depuis la rivière a regagné son lit, mais elle garde son tempérament imprévisible.

Champigny, Bry-sur-Marne… nous enchainons les petites villes qui bordent la rivière, la reprise pique un peu après un hiver oisif. Le vent frais aussi, ce genre de météo où l’on a presque trop chaud au soleil, carrément froid à l’ombre.

Puis nous quittons les bords de la rivière pour nous enfoncer dans Neuilly-sur-Marne, petite commune de Seine-Saint-Denis où, semble-t-il, des cerisiers osent défier ceux du parc de Sceaux , le spot ultime mais aujourd’hui bien trop fréquenté.
Le Parc des 33 Hectares
Alors les amis, le parcours qui relie les bords de Marnes au parc des 33 hectares ( ou du Croissant vert, son autre nom) n’est absolument pas sécurisé. Si vous prenez le temps d’étudier, vous opterez pour un petit labyrinthe de pavillons avec très peu de circulation, ce que nous avons fait.

Si vous y allez au hasard, vous risquez de slalomer sur des mauvais trottoirs le long d’une départementale avec pas mal de circulation, et c’est ce que nous avons fait également les amis. Car parfois, quand j’ai une idée de blog en tête, je m’y prend à deux fois… tablant sur une meilleure lumière, un ciel plus drama, ou juste une autre inspiration.
Une rigueur presque journalistique, et qui risque bien de m’emmener un jour jusque sur les chaînes d’info à arbitrer des débats houleux entre deux camps habituellement invités: ceux qui soutiennent les États-Unis, et ceux qui détestent l’Iran.

Un Parc Familial
Bien qu’immense, le parc dégage une atmosphère presque confidentielle. La fréquentation est douce, quelques familles, des sportifs, quelques groupes de jeunes, et des chasseurs de cerisiers qui ont également eu vent de cette contre-soirée.


Alors soyons honnêtes les amis : si les cerisiers sont nombreux, beaucoup sont encore très jeunes. Mais, dans quelques années, on peut imaginer que ce parc se présentera en candidat sérieux face à Sceaux pour le Hanami.
Hanami, kezako ?
Hanami sur Marne
C’est un moment que les Japonais attendent avec une grande impatience : Hanami, littéralement « regarder les fleurs ». Dans l’Antiquité, les paysans japonais pensaient que les dieux venaient s’installer dans les cerisiers au printemps, provoquant leur floraison si majestueuse. Ils prenaient alors le temps d’aller les prier et d’apporter aux divinités de quoi boire et se sustenter.

Au Moyen Âge, la tradition s’est institutionnalisée. Les samouraïs, les shoguns et jusqu’à l’empereur : toute l’aristocratie s’est mise à organiser des fêtes et des banquets grandioses sous les cerisiers.
Hanami, coutume millénaire, perdure encore aujourd’hui à travers les pique-niques organisés sous les arbres en fleurs, une pratique qui s’est désormais largement répandue bien au-delà de la communauté japonaise. Si à Sceaux il est difficile de trouver une place, à Neuilly sur Marne vous aurez l’embarras du choix.

Certains passionnés poussent l’expérience Hanami jusqu’à partir au Japon suivre le front de floraison, le « sakura zensen ». Chaque année la floraison des cerisiers commence dès février au sud, à Okinawa, puis remonte progressivement vers le nord jusqu’à Hokkaido . Avec généralement une semaine emblématique à Kyoto et Tokyo entre fin mars et début avril.

Alors je vous vois venir les copains, ne vous précipitez pas pour proposer ce trip romantique à la jolie voisine qui débarque pour la première fois à la fête des voisins… attendez qu’elle vous demande votre prénom.

Le amis, si vous voulez profiter des cerisiers en fleurs alors ne tardez pas trop : leur beauté tient aussi au coté éphèmère. À Sceaux, cette année l’accès au site se fera sur inscription, mais les sakura se laissent admirer un peu partout : au parc de Billancourt, au Jardin des Plantes, dans les jardins Albert-Kahn…

Allez il se fait faim, on file au Cappuccino à Gournay, notre cantine des sorties à vélo sur le Marne.
Un Cappucino et basta
Bien connue des promeneurs et des cyclistes des bords de Marne, l’adresse propose une cuisine italienne très sympa, avec en particulier de magnifiques pizzas. L’idéal pour ne pas rentrer trop fit de la sortie vélo, avec toute cette bogossitude qui traine dans l’air.


Comme toujours, faites attention au vin qui a tendance à rallonger le trajet du retour. Je vous laisse le lien de l’établissement, n’hésitez pas à vous y poser : le cappuccino

On en reste là les amis avec cette espade florale sur la Marne. Je vous colle ci-dessous le trajet entre la gare RER de Joinville et le parc du Croissant Vert.
Si vous souhaitez vous abonner, c’est toujours ici :

A suivre, je vous emmène découvrir quelques adresses incontournables à Montreuil, une ville dynamique doublée d’un laboratoire du vivre ensemble.
Bonne soirée
N.
1 commentaire
Merci nico pour hanami parisien un avant goût pour notre hanami nippon qui sera du 2 au 27 avril prochain Osaka Himeji Ise Sendai et Tokyo de profiter de la nature fleurie japonaise où l art de la contemplation est exceptionnel.