Deux ans après, nous voilà de retour à Belleville pour célébrer leNouvel An chinois. L’occasion de voyager plein Est et de nous immerger dans une atmosphère orientale vibrante. Défilé coloré au son des tambours, danses, parfums d’encens, et surtout odeurs de cuisine s’échappant des multiples cantines de rue qui ont pris possession du quartier.

Allez on saute dans un métro et on file vers le nord parisien rejoindre le quartier authentique de Belleville.
Belleville la multiculturelle
Tout comme Montmartre où nous étions fin janvier, Belleville fait partie de ces quartiers de caractère à l’identité forte. Mais si Montmartre cultive une atmosphère bohème, Belleville est davantage un quartier commerçant et populaire, doté d’un esprit de débrouille et d’un tissu associatif très actif.

Un quartier d’immigration
Rattachée à Paris en 1860, Belleville a toujours été un quartier d’immigration : les polonais, arméniens, juifs d’Europe centrale puis d’Afrique du nord vont vite en faire le premier quartier ouvrier de la ville. Puis, dans les années 80, les habitants voient débarquer les « wenzhou”, du nom de la grande ville de Chine dont ils partent, en quête d’une vie meilleure.

Belleville va devenir un point de chute privilégié pour ces nouveaux migrants venus de Chine. Le quartier conserve néanmoins son caractère multiculturel, même si de nombreuses enseignes ici sont écrites en chinois.
Le véritable Chinatown de Paris reste le 13ème et son triangle : avenue d’Ivry, avenue de Choisy et Porte de Choisy. Ce n’est pas exactement la même immigration : les habitants du 13ème sont majoritairement des chinois de l’Asie du sud-est qui ont fuit les persécutions à la chute de l’Indochine française (qui donnera le Vietnam, le Laos et le Cambodge)

Pour finir avec l’immigration chinoise, figurez vous les amis que le premier Chinatown date de bien avant Belleville et la dalle du 13. C’était au tout début des années 1900, déjà des Wenzhou, et c’était dans le Marais. Il en reste quelques rues très discrètes derrière Beaubourg, nous irons à l’occase.
Une terre de street art
Avec les cantines asiatiques, la seconde très bonne raison de venir balader à Belleville c’est son street art. Les deux fresques les plus connues sont sans doute « il faut se méfier des mots » de Ben (qui a été étrangement taguée, d’habitude il y a un certain respect pour ces œuvres monumentales) et juste à coté le détective, de Jean Le Gac, qui mène l’enquête au coin de la rue.

Au pied de l’œuvre de Ben on trouve le Cabaret Populaire. Avec sa barmaid échappée d’Amélie Poulain et son cadre psychédélique aux accents révolutionnaires, le troquet constitue une oasis idéale pour faire un break.


Bon les amis, on traine et on en oublie presque qu’on a un nouvel an à célébrer.
L’année du Cheval de Feu
Le week-end dernier, tout Paris ou presque s’était donc donné rendez vous rue de Belleville pour partager avec la communauté chinoise le passage à l’année du Cheval de Feu. Pour l’occasion, la rue a revêtu ses habits de fête : lanternes rouges, pétards et dragons, animent le quartier. Partout les cantines de rue sont prises d’assaut par une foule avide de raviolis et de nouilles, de bánh mì ou encore de pad thaï, car la fête s’étend à toute l’Asie du Sud-Est, et même jusqu’au Japon..


Energie et audace
Alors vous le savez sans doute les amis, l’astrologie chinoise est un système millénaire qui se base non pas sur les mois de naissance comme en occident, mais sur les années. C’est un cycle de douze signes (rat, buffle, tigre, lapin , dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien et cochon) combinés avec cinq éléments (bois, feu, terre, métal et eau) et une coloration yin ou yang.

Comme le calendrier est lunaire, l’année ne commence pas exactement au 1er janvier. Mon année de naissance est le cochon, mais comme je suis de tout début janvier j’hérite du signe précédent : le chien de métal (loyal, fiable, protecteur, intransigeant et supporter de l’Olympique de Marseille)

Cette année du Cheval de Feu est censée privilégier la vivacité, l’initiative et l’audace. Le moment où jamais pour aller expliquer ô combien vous méritez une augmentation, ou encore d’aller aborder cette jolie voisine à qui vous bafouillez difficilement un bonjour lorsque vous la croisez.
Street food
Alors les amis, si coté animations je suis resté un un peu sur ma faim, coté bouffe il y avait l’embarras du choix. Les stands, qui s’étiraient sur une grande moitié de la longue rue de Belleville, ne se cantonnaient (et mandarin) pas à la cuisine chinoise, et débordaient largement sur les pays voisins. Vietnam, Thaïlande, Corée, Japon, mais aussi Philippine et jusqu’en Inde.
Mais comme toujours à Paris dans ce type de manifestation, malgré le nombre de cantines de rue et de restos, pas un stand, pas une adresse sans une longue file d’attente avant de pouvoir s’installer. J’ai même pensé un instant que la queue devant le stand de baos s’étirait jusqu’à Séoul.

J’ai opté pour de magnifiques raviolis frits. La charmante vendeuse m’a donné un fil porte-bonheur et m’a demandé de faire un vœu, vœu qui sera exaucé le jour où le fil se rompt.
Les amis, si vous n’avez rien à vous reprocher, vous pouvez sans doute dormir tranquille…


Nous avons continué avec une étrange brochette dont le stand était plutôt avare en explications. Au gout je dirais que c’était du poulpe, en tous ça venait soit de la mer, soit d’une planète éloignée…


Notre petit groupe a eu pas mal de succès avec ces brochettes. Beaucoup se sont arrêtés pour demander ce que c’était et où s’en procurer. Nous avons pu au moins répondre à la seconde partie de la question, mais in fine aucun n’est allé tenter sa chance.
le défilé in fine
Le point d’orgue était comme toujours le défilé, avec sa danse du lion au son des tambours. Contrairement au défilé du 13ème où la foule est sagement parquée sur les côtés, Belleville est une démocratie flirtant avec l’anarchie. Ici c’est au cortège de se frayer un passage, de fendre la foule et tenter d’atteindre le bas de la rue

Les danseurs n’ont pas lésiné sur les costumes et le maquillage, c’était autant festif que coloré.

Alors, n’en déplaise aux chaînes d’info, ici pas de saluts nazis, pas de flambeaux ou d’insultes racistes comme on a pu le voir à Lyon. A Belleville, le cortège était banalement cosmopolite, bienveillant et festif.
Allez on s’en fait un bout en vidéo.

Et voilà les amis, on en reste là avec ce nouvel an chinois à Belleville. D’autres festivités sont prévues un peu partout dans les semaines qui viennent, dont le grand défilé du 13ème arrondissement qui se déroulera ce dimanche.
Si vous souhaitez continuer à voyager pendant votre pose télétravail du vendredi, je vous embarque dans la célébration la plus dingue que j’ai faite à Paris : la fête de Ganesh.

La Fête de Ganesh
A la découverte de la psychédélique fête de Ganesh. Une escapade colorée et mystique à Little India.
A suivre, nous irons découvrir Montreuil by night.
Bonne année du Cheval de Feu à tous
N.
4 commentaires
Merci pour cette bouffée d’exotisme Nico. Et comme je n’ai pas de jolie voisine, j’ai bien noté quel sera mon challenge de l’année ! 😉
Pascale… cheval de feu 🔥
Héhé merci Pascale. Et oui c’est ton signe ! A toi amour, gloire et beauté 🙂
Et du coup c’était bon la brochette de chépakoi? Ou t’as tiché et c’était juste pour la photo?
Ha non je ne triche jamais hein. Je pense que c’était du poulpe, ou un truc qui vient d’un autre système solaire 🙂