Troisième Zenith en moins de 10 jours, la salle située au cœur du Parc de la Villette va finir par me faire payer un loyer. Après le concert polémique de Megadeth et le retour sympa de Superbus, ce soir le Zenith reçoit un groupe légendaire allemand, Helloween, et qui souffle cette année ses quarante bougies.

Un chouette anniversaire que l’on ne peut décemment pas louper. Alors on passe son plus beau t-shirt, on glisse ses bouchons dans sa poche, on prend sa meilleure expression de citrouille et on saute dans un métro rejoindre le Parc de la Villette, le temple de la musique à Paris.

Helloween avant l’heure
C’est vrai qu’avec la Philharmonie, la Cité de la Musique, le Trabendo et le Zenith pour ne citer qu’eux, le parc de la Villette est devenu au fil des années un véritable écrin dédié à toutes les musiques. Il est dix-huit heures et les fans de metal ont déjà pris d’assaut les terrasses des bars du haut de l‘avenue Jean Jaurès.
L’avant match
Nous sommes tranquillement installés au Biclowne café qui, comme les établissements autour, s’est mis aux couleurs du jour et déverse depuis son YouTube des grands classiques du hard rock des années 80.

Pour Mathilde c’est son second concert d’Helloween, j’ai en tête la setlist qui nous attend et c’est beaucoup plus costaud que la fois précédente (mais au final je m’inquiète pour rien). L’ami Jacques a également fait le déplacement depuis le Ch’Nord histoire de ne pas rater la grande fête de la citrouille. Un Nord bien représenté de ce que j’en entends des tablées autour.
J’adore les ambiances d’avant concert, lorsque les fans se retrouvent et viennent décorer les troquets des rues adjacentes aux couleurs du groupe d’un soir. Comme toujours pour les concerts de hard rock l’ambiance est bon enfant. Chacun y va de son expertise et de ses anecdotes, comme l’a relevé plusieurs fois Mathilde on a parfois l’impression d’être au milieu d’une secte.

Dix-neuf heures et quelques nous prenons la direction du Zenith. Comme pour Megadeth le public est plutôt jeune pour un groupe des eighties, plus jeune même que lors de leur précédent passage en 2022. Coté sécurité c’est beaucoup plus light que pour Megadeth, il faut dire que ce soir on n’a pas le chanteur de Disturbed pour mettre le feu aux poudres.
Beast In Black ouvre le bal
Le temps de passer la sécurité nous pénétrons dans la salle pile au moment où les Beast in Black lancent leur set. Les finlandais ne sont pas des rookies dans le milieu du metal, avec une décade d’expérience et trois albums au compteur le groupe est même venu avec son public.

Au final les nordiques ont fait le job. Des morceaux parfois presque dansants, ce qui n’est pas commun car le metal est encore moins dansant que la musique classique. Si vous arrivez à endiabler le dance floor sur les Quatre Saisons de Vivaldi alors vous pourrez peut-être esquisser quelques pas sur du Helloween.
Beast In Black termine son set en annonçant un nouvel album à venir et même un Olympia pour novembre 2026 , bon vent à eux.
Helloween au firmament
Les roadies ont dû pulser pour préparer la suite car l’attente est inhabituellement courte avant que le rideau ne tombe et que les musiciens d’Helloween n’investissent la scène. Avec en fond une musique épique, ainsi que les pochettes de leurs nombreux albums qui défilent sur un écran pour le coup vraiment géant.
L’intro de « March Of Time » ( et oui le groupe allemand performe exclusivement dans un english qui pour nous franzosens semble parfait ) et c’est parti pour deux heure trente se show, avec un choix de compos hyper vitaminé.
Quarante ans au sommet
C’est à Hambourg au nord de l’Allemagne qu’Helloween voit le jour au milieu des années 80, juste après l’émergence de la « new wave of british heavy metal » qui a pris les commandes avec des groupes comme Iron Maiden.

Mais Helloween va inventer un nouveau style à base de heavy metal rapide et très mélodique, couplé à des albums construits comme des épopées, à base de compos enlevées dépassant parfois les dix minutes.
Véritables story tellers, jouant avec les mondes dystopiques et les ambiances très fantasy, le groupe va être projeté au sommet du genre dès son second album , le magnifique « Keeper of the Seven Keys part 1 » qui tournait en boucle dans ma chambre d’ado.
Le « Keeper of the Seven Keys part 2″ sorti un an après va mettre Helloween sur orbite pour les quarante années à venir.

Un concert d’anthologie
Ce soir le groupe va enchainer les compos en essayant de couvrir un peu les quarante ans de carrière, mais ce sont bien les morceaux des trois premiers albums qui ont le plus de succès. Dans le heavy metal c’est souvent les tous premiers albums qui restent cultes, les groupes ont généralement du mal à se réinviter sur la durée.
L’originalité d’Helloween tient aussi dans son line-up, car les anciens membres ont réintégré le groupe depuis quelques années et on se retrouve sur scène avec deux chanteurs et demi, trois guitaristes, un bassiste et un batteur.

Un groupe avec donc de multiples frontmen, difficile d’en sortir un plus qu’un autre même si je suis assez fan de Kai Hansen qui semble sorti tout droit pour le coup d’un conte d’halloween. Le gars a un immense capital sympathie, le milieu lui attribue la paternité du power metal mais comme je deviens allergique à toutes ces étiquettes je ne m’étendrai pas.

Helloween va alterner les anciens morceaux cultes et les compos de leur nouvel album, en passant par des titres qu’ils n’avaient pas joués depuis fort longtemps. Chaque morceau a été adaptée pour être chantée à deux voix, on pouvait craindre quelques loupés car le concert parisien est l’un des tous premiers de la tournée, mais les gars sont ultras pros et s’ils se sont gaufrés personne n’a rien vu.

Petit drame, Kai Hansen va chuter et j’ai l’impression avec mes yeux bioniques qu’il a même failli tomber de la scène. Il se relève pas content en montrant de la main la cause du drame, puis reprend ses solos sa bonne humeur habituelle.

« Ride the Sky », « Heavy Metal is the Law » pour le premier album, coté compos ça bastonne sévère (pourtant Dani Löble n’a que quatre grosses caisses à sa monstrueuse batterie). Je m’inquiète parfois pour l’amiga car si les morceaux bombardent le son n’est pas génial, les solos ont parfois du mal à sortir du mix. Mais, so far so good, Mathilde apprécie le show.
Comme attendu, les grands classiques « I want out », « Dr Stein » et autres « Eagle fly Free » chavirent la salle.


La bonne humeur du groupe fait plaisir à voir, les deux chanteurs échangent beaucoup avec le public et le temps passe, si bien que la setlist prévue de 23 morceaux ne rentre plus dans le temps imparti.
Andi Deris annonce que le Zenith ne leur laisse plus que 10 minutes pour terminer, il va falloir sabrer et c’est le dernier morceau pourtant culte, « Keeper of the Seven Keys », qui ne sera joué que sur son refrain final.

Allez, on se fait une petite immersion en video.
Le groupe salue longuement le public, deux heures trente de concert c’est peut-être le plus long que j’ai vu. In fine nous sous sommes tous les trois régalés.
Le Zenith se vide doucement et on en reste là avec ce beau concert anniversaire, si vous souhaitez vous abonner c’est ici.
A suivre, nous allons laisser un peu reposer les tympans er ouvrir une séquence évasion qui devrait nous emmener du coin de la rue jusqu’au bout du monde.
Bon dimanche
N.