Quand j’ai lu que Megadeth allait assurer la première partie d’un groupe que je qualifierais de lambda, j’ai cru à un canular ; Dave Mustaine ne nous a pas habitué à trop faire reluire la concurrence. Première partie ou pas c’est toujours une immense joie de recevoir en ville ce monument du trash metal, mais une joie vite gâchée par la polémique.

Une polémique déclenchée par le chanteur de Disturbed, le groupe tête d’affiche, un soutien sans faille du gouvernement israélien et qui a surtout été filmé en train de dédicacer des obus tirés par l’armée israélienne sur Gaza.
Les appels au boycott et à l’annulation du concert ont mis la pression sur le Zenith, mais la préfecture a finalement autorisé l’évènement. Les amis, c’est la première fois que je me retrouve pris dans un véritable cas de conscience pour un simple concert.
Un concert au final comme les autres
Après avoir beaucoup hésité je décide de me rendre au concert, mais je n’assisterai qu’au set de Megadeth. Hors de question de convier l’amiga à se joindre, dans ce genre de situation on peut s’attendre à une certaine tension autour du site.
Une sécurité renforcée
Gendarmes dont certains portent des armes de guerre, double fouille avec une sécurité privée, on sent en arrivant au Zenith que l’organisation n’a rien voulu laisser au hasard en ce dimanche soir de novembre.
La sécurité hésite même à me laisser rentrer mon petit compact à zoom optique, puis finalement lâche l’affaire.

Coté audience c’est plutôt jeune malgré l’âge des deux groupes. Je suis arrivé très tôt car c’est la première fois que je viens à un concert exclusivement pour sa première partie. Mais quand on voit le nombre de fans qui affichent les couleurs de Megadeth, le concert ressemble plutôt à un co-heading.
Une ambiance somme toute habituelle
L’incontournable IPA au bar extérieur, l’ambiance ne dénote pas des concerts habituels. La polémique semble avoir été digérée.

Comme à tous les concerts, le merchandising est pris d’assaut. Si les boutiques proposent plus de choix coté Disturbed en tant que tête d’affiche, j’ai l’impression que c’est plutôt le Megadeth qui se vend.

On s’approche doucement des 19 heures, je pars me faufiler dans la fosse. Je suis bien placé, avec derrière moi une bande de jeunes qui semblent plein d’énergie. Je me suis bêtement ruiné le dos et je marche avec difficulté, ce soir je sens que ça va piquer.

Megadeth régale les fans
Dix-neuf heures, le Zenith est subitement plongé dans le noir. Les premiers riffs du monumental « Hangar 18 » et la bande à Dave Mustaine investit la scène sous les cris de joie de la foule. C’est parti pour un set court, mais qui va mettre tout le monde d’accord.

Mustaine, l’enfant terrible
Dave Mustaine les amis, c’est le fondateur et l’âme du groupe; un gars à la fois brillant, engagé, colérique, et bourré de mauvaise foi. D’abord guitariste de Metallica à leur début, il va vite se faire virer car ingérable et bourré d’addictions.
Il sera remplacé par le virtuose Kirk Hammett, transfuge d‘Exodus. Mustaine aura le culot de dire que Metallica aurait mieux fait d’embaucher un guitariste capable de jouer ses solos. Mustaine ne digèrera jamais l’épisode, il va se construire et construire Megadeth (il a trouvé le nom du groupe dans un tract anti-nucléaire) en rivalité avec Metallica.
Au passage, nous verrons Exodus en mars lors d’une soirée qui va percer quelques tympans.

Personnalité complexe, écorché vif, Mustaine n’aura jamais un line-up stable pour son groupe. Les musiciens se succèdent, mais l’âme reste. L’âme d’un groupe au sommet du trash metal, avec un style hyper technique, à la fois symphonique et agressif.
Si Megadeth est un groupe engagé, Mustaine est un story teller qui a longtemps été de tous les combats, et qui se calme doucement avec ses 65 balais.

Pour finir avec le personnage, malgré les multiples addictions qui l’ont accompagné toute sa vie, Mustaine a réussi à décrocher une ceinture noire en taekwondo et en Ju-Jitsu.
Un set superbe
Outre Dave Mustaine, ce soir Megadeth se présente avec un duo rythmique très technique que j’apprécie particulièrement et qui commence à s’installer. James LoMenzo à la basse, musicien remuant et qui a toujours la banane, et Dirk Verbeuren un batteur souvent debout à engrainer le public comme on dit à Marseille.

La nouveauté vient du côté du guitariste soliste. Le prodige brésilien Kiko Loureiro qu’on pensait bien intégré est parti, et a été remplacé par le finlandais Teemu Mäntysaari. Honnêtement c’est le même style de guitariste de poche hyper technique, et qui rappelle… Kirk Hammett.

Le groupe va enchainer les grands classiques, de « Peace Sells« à « Symphony of Destruction » en passant par la semi-balade « A tout le Monde » et son refrain dans la langue de Molière. J’ai mal au dos mais ça reste tenable. Le gars à coté veut saluer LoMenzo qui regarde dans notre direction en lui présentant sa pinte, il est bousculé et on prend tous sa bière sur la gueule. Ce sont les aléas de la fosse…


Finalement il est malin Mustaine, il va jouer avec un son, une scène et des lumières dignes d’une tête d’affiche, tout en mettant les pieds sous la table et en laissant toute l’organisation à Disturbed.
Allez, on s’en fait un bout en vidéo.
Et voilà les amis, Mustaine a le smile et les Megadeth quittent la scène. C’est peut-être leur dernier concert sur Paris car ils annoncent leur retraite pour 2026, mais j’ai la quasi-certitude qu’ils reviendront l’an prochain.
Si pour beaucoup la soirée continue avec Disturbed, nous sommes quand même assez nombreux à plier bagage et à quitter le Zenith juste après Megadeth, il est à peine e 20h30.
Le retour de Superbus
Avant de raccrocher je voulais glisser quelques mots sur Superbus qui faisait son retour sur scène. C’est avec grand plaisir que je suis allé saluer ce groupe énergique et sa front woman Jennifer Ayache quelques jours après Megadeth, et toujours au Zenith.

Superbus c’est un groupe de ska/punk/pop/electro mené par Jennifer Ayache, la fille de Chantal Lauby qui faisait partie de l’équipe des Nuls. Dans la lignée des Pink et autre Gwen Stefany, Jennifer Ayache ne se ménage par sur scène pour porter les morceaux, et le groupe nous a offert un show punchy.

A l’époque où je partageais mon bureau il fallait bien trouver de la musique qui convienne à tous (petit clin d’œil à Pascale et Thierry), et Superbus faisait partie de la playlist validée. Le concert m’a donc ramené une bonne vingtaine d’années en arrière.

Alors que nous prenons un verre dans la cours intérieure, une famille assez lookée se joint à notre table (en l’occurrence un tonneau). La plus jeune gamine nous toise et nous demande si on sait pourquoi ils sont là ce soir. Visiblement on ne sait pas, elle annonce alors que le bassiste de Superbus n’est autre que beau papa, sous les yeux de la maman un peu gênée par toutes ces révélations familiales. Ca m’a fait rigoler.


Superbus sera fin 2026 à Bercy, je leur souhaite beaucoup de succès car c’est un groupe très sympa et qui a son propre style.
Et voilà les amis, on en reste là pour cette balade musicale, en riffs et en accords. Si vous souhaitez vous abonner c’est ici.
Pour finir une pensée pour Ace Frehley, former guitariste soliste de Kiss, qui nous a quitté cette semaine.
A suivre, si ne suis pas revenu d’ici là nous partirons pour une escapade long courrier, dans une région un peu à l’écart des circuits touristiques.
Bon week-end
N.