Cette semaine je vous propose de prendre le large, de partir respirer les embruns et de faire le plein d’air iodé… et tout ça, les amis, sans quitter Paris. Cap sur Montmartre ; le quartier bohème par excellence accueille la Bretagne le temps d’un week-end, à l’occasion de sa traditionnelle fête de la coquille Saint-Jacques.

Allez, on passe sa plus belle marinière et on saute dans le premier métro. Direction la populaire et toujours élégante place des Abbesses, perchée sur les flancs de la butte Montmartre.

La Fête de la Coquille
Abbesses s’est donc mise à l’heure bretonne en ce samedi matin, les stands des artisans s’enroulent autour de la superbe bouche de métro qui trône au milieu de la place. Ici des plateaux huitres, là des bulles, un peu plus loin des brochettes de Saint -Jacques…
Le tout sous un beau soleil, contrairement à l’édition précédente mais nous y reviendrons.


Un esprit village
Montmartre est un quartier de caractère, avec une forte identité. Comme toujours ici dès qu’il y a un évènement, beaucoup de locaux sont de la partie; on se reconnait, on se tutoie, on se chambre…
Montmartre possède indiscutablement une âme, comme souvent ces lieux faits d’habitude et de passages.

Les échoppes des producteurs qui ont fait le déplacement depuis la baie de Saint-Brieuc ne sont pas encore prises d’assaut, mais ça ne va pas durer. Je me laisse tenter par une brochette, de trop peu nombreuses tables permettent de s’installer et de grignoter sur le pouce.

Le bourdon des cornemuses et les danseurs en tenue font souffler sur la place une chouette ambiance celtique, renforcée par une criée digne d’un petit port costarmoricain.

La Commanderie du Clos-Montmartre
Mais qui sont donc ces étranges visiteurs, vêtus de robes rubis et or, qui arpentent le marché, saluant ici et goûtant là ?
Les amis, vous avez sans doute déjà entendu parler des vendanges de Montmartre… Et bien ces personnages hauts en couleur sont les membres de la Commanderie du Clos Montmartre, les gardiens du vin produit sur la butte et de ses traditions. Ce sont aussi les organisateurs de l’évènement.


Alors si les produits sur la criée ne sont pas donnés, et que vous aurez vite fait de dilapider ce qu’il reste des étrennes glanées auprès de votre grand mère préférée, le vin de la confrérie lui, en plus d’être bon, est abordable.
Quatre euros le verre, et vous gardez le gobelet. Si j’avais été un petit moins sérieux, je me serais sans doute laisser tenter.

J’étais initialement parti pour intituler cet article « Clos Montmartre et crustacés », mais mon département de fast checking est catégorique : la coquille Saint Jacques est un mollusque. Et là d’un coup, c’est moins punchy.

Une edition précédente sous la pluie
Si j’ai un conseil les amis, c’est de venir tôt le samedi. Les parisiens sont très friands de ce type d’événements et, entre Amélie et Émilie, les touristes font de Montmartre l’un des points d’orgue de leur séjour ici.

L’an dernier nous étions arrivés le dimanche, un peu après midi. Et malgré la pluie, les stands n’avaient déjà plus grand-chose à proposer : quelques bulles, les derniers plateaux d’huîtres…
Pour trouver des Saint-Jacques nous avions dû nous rabattre sur la brasserie d’à côté qui s’était elle-même approvisionnée sur la place, et qui nous les a servies en carpaccio au prix d’une once d’or.


Mais le truc sympa l’an dernier, c’est que le square Jehan Rictus n’était pas encore en travaux, et que l’on pouvait s’y installer pour grignoter au calme. Le square héberge le mur des je t’aime, où trois artistes ont collecté, calligraphié, et plaqué au mur plus de 300 « je t’aime » dans des langues du monde entier, ou presque.

Alors si vous avez quelque chose à vous faire pardonner, un anniversaire oublié, un verre jeté sur la télé en regardant un OM grotesque se faire éliminer d’une ligue champions qui lui tendait les bras… c’est devant ce mur qu’il faudra sans doute venir chercher l’absolution.

Les amis on en reste là avec cette 20ème édition de la fête de la coquille Saint Jacques à Montmartre, j’espère vous avoir donné envie de venir participer à la prochaine, sans doute en janvier 2027.
Au-delà de l’escapade gourmande, l’intérêt de ce type d’initiative réside surtout dans le moment de partage. Des instants précieux à une époque où l’actualité à l’international est catastrophique, et où le discours politique s’emploie à museler, diviser, opposer, et nourrir les tensions.
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Kenavo, et bon week-end.
N.
2 commentaires
« un verre jeté sur la télé en regardant un OM grotesque se faire éliminer d’une ligue champions qui lui tendait les bras… »
Me dis pas que c’est du vécu quand même ! 😄
En tout cas merci pour cette petite balade dans mon ancien quartier… faudra que j’y retourne !
Pascale
Merci Pascale ! J’aurais du écouter ce gars quand j’avais 5 ans et qui m’a dit « je viens de futur, je suis toi dans 50 ans, je suis venu te dire de ne pas jamais devenir supporter de l’OM !! »
Yes Montmartre c’est top, fais moi signe quand tu y retournes.