Cette semaine nous partons découvrir une nouvelle salle de concert, le Trabendo, qui accueille pour la soirée Udo Dirkschneider le chanteur originel et emblématique du groupe de metal allemand Accept. Udo les amis, c’est un hard rock teigneux et sans sans compromission, et c’est pas à 72 ans que cela va changer.

Aficionados du genre et gros fan d’Accept je ne pouvais pas rater ca, direction le quartier de la musique à Paris pour aller saluer la légende teutonne.
Le Trabendo
Niché au coeur du Parc de La Villette, entre la Philharmonie et le Zénith deux temples de la musique, le Trabendo était plutôt à l’origine une boite de Jazz et a reçu les Ben Harper et autres Keziah Jones. Créée dans les années 80, la salle a connu un certain succès avant de péricliter, puis d’être totalement rénovée il y a une dizaine d’années.

Metallica, les Rolling Stone.… la petite salle de 700 places construite en forme d’oreille (ça saute pas aux yeux) et lovée sous une folie, ces constructions rouges caractéristiques du parc, en a vu passé du beau monde ces vingt dernières années. Pour moi le Trabendo c’est une première et je suis toujours heureux de découvrir une nouvelle salle.

Ma concert partner est souffrante, le concert affiche complet et je revends sa place à un musicos rencontré dans la file d’attente, un metalleux sosie du gouailleur René Malleville, l’ancien président des supporters de l’OM.
UDO Dirkschneider
La salle annonçait une ouverture des portes à 19 heures, on pense être à l’heure mais visiblement c’est parti bien avant et nous pénétrons dans la salle au moment où un espèce de barbare géant mouline du marteau et propose à l’audience de le retrouver au bar après le concert.
C’est pas le genre de gars qu’il faut contrarier et oui, promis, on le rejoint là bas.

Le groupe allemand AFM a donc ouvert le bal avec un show très inspiré par la mythologie nordique. Visiblement les fils d’Odin et de Thor ont des fans dans la salle : quelques jeunes filles sont venues vêtues de (fausses) peaux et agitent des haches (j’espère) en plastique. Les amazones se sont éclatées, et dans un concert on prend toujours plaisir à voir les gens s’amuser.

Avec son design en forme d’oreille, la salle est sur plusieurs niveaux et rappelle un peu les jeux videos de plateforme qui faisaient fureur dans les années 80. La bonne nouvelle, c’est qu’on n’est jamais bien loin des musiciens.
Après les barbarians d’AFM, c’est Crownshift qui prend le relai et nous offre un set hardcore beaucoup moins épique, beaucoup plus agressif… Puis c’est l’habituelle attente le temps que les roadies préparent la scène pour l’affiche du soir.

Balls to The Wall
Il est 21 heures lorsque Udo grimpe sur scène sous les viva d’une salle archi comble. Udo c’est donc l’ancien chanteur et membre fondateur d’Accept, un groupe mythique de metal allemand et qu’on a déjà vu au moins deux fois sur ce blog.

Tour à tour suspectés être pro-nazis pour l’intro de « Fast as a Shark », pro-russes pour « Russian Roulette » ou encore pro-gays pour « Balls to the Wall » par des médias toujours méfiants de la musique métal, Accept avait tout pour régner des décades sur le genre mais il a fallu qu’à la fin des années 80 le groupe explose, et qu’Udo parte faire une carrière solo.
Accept ne sera plus vraiment Accept sans Udo, et Udo ne retrouvera jamais l’inspiration d’Accept dans ses projets solo.

Udo, il faut imaginer une petite boule pleine d’énergie et dotée d’une voix très éraillée qui dope l’agressivité des compos. Coté lineup ce soir le frontman a mis Sven le fiston à la batterie, le russe Andrey Smirnov et le teuton Dee Dammers aux guitares, et il a récupéré Peter Baltes, bassiste et autre membre fondateur d’Accept.
Et Accept on va en parler les amis, car le concept ce soir est de célébrer les 40 ans du mythique album Balls to The Wall, un album qui sera joué dans son intégralité.

Alors malgré ses 72 ans il a donné l’ami Udo, et le peu de fois où il a été à la peine, les autres membres lui ont filé la main. Une magnifique partie best-off, un Balls to the Wall joué dans son intégralité puis des rappels, on s’est régalé. Une vingtaine de compos pour un show plein d’émotions car on sait que, à bientôt 73 ans, c’est peut-être la dernière fois que l’on voit la gargouille sur scène.
Allez on se fait une petite plongée dans l’ambiance…
Les amis on en reste là pour cette belle soirée placées sous le signe du souvenir. Pour les fans de hard rock de ma génération, ces concerts sont autant de madeleines de Proust, et j’essaye d’en rater le moins possible.

Même si vous n’êtes pas fan de metal, n’hésitez pas à allez quand même jeter un œil à la programmation du Trabendo, vous y trouverez certainement votre bonheur. Je vous colle les infos ici.
A suivre, des cerisiers ou bien une expo qui a fait récemment polémique…
Bonne fin de weekend, bonne reprise demain.
N.