Après une semaine de pluie on profite du retour du beau temps pour reprendre les escapades à vélo. Cette semaine nous partons pédaler sur la Seine impressionniste, dans les lacets de la rivière à l’ouest de la ville, où les peintres du 19ème venaient poser leur chevalet.

Une balade d’une quarantaine de kilomètres, depuis Paris jusqu’à Saint Germain en Laye pour cette première partie car il faudra sans doute revenir et pousser plus loin.
La Seine des Impressionnistes
Les amis c’est parti, on saute sur nos vélos pour un départ place de la Nation. L’idée est de monter retrouver le canal Saint-Denis qui relie le bassin de la villette à la Seine, puis de longer la rivière en passant par Rueil et Chatou jusqu’à Saint Germain.
Je vous colle le gpx dessous ocazou, servez-vous.
La Streetart avenue
Paris tourne plutôt au ralenti en ce samedi matin. Nous traversons rapidement les quartiers habituellement très animés de Ménilmontant et de Belleville pour rejoindre la Villette et enquiller (comme on dit à Marseille) la street art avenue, le surnom du canal Saint Denis.

La street art avenue vous commencez à la connaitre les amis, on l’a prise plusieurs fois. C’est l’une des sorties de Paris les plus rapides quand on veut s’échapper à vélo vers l’ouest. Les graffitis changent fréquemment, j’ai connu meilleure mouture.



Si la balade graphique est sympa, toutes ces couleurs ne doivent pas faire oublier la précarité des lieux. Ici on sent la galère, la débrouille. Encore plus à la jonction entre le canal et la Seine, au niveau de Saint Denis et de la Rue du Port, là où la pauvreté et le désœuvrements habillent tout autour. On sent qu’ici ça ne rigole pas tous les jours.
Deux petits ponts et nous voilà sur l’Ile Saint Denis à longer brièvement la Seine, avant de s’engouffrer dans l’immense port de Gennevilliers

Le plus grand port fluvial du pays n’est pas la partie la plus fun à traverser à vélo. Il faut imaginer une immense zone d’activité construite autour de grandes darses, ces bassins qui permettent aux bateaux d’accoster et de transborder leur cargaison.
Attention quand même à ne pas vous laisser emporter par la dynamique des lieux et de vous retrouver à rouler à gauche sur Piccadilly Circus.

Dans les pas des impressionistes
Après le port nous retrouvons la Seine le long d’une jolie voie verte, baptisée la promenade bleue, que nous allons suivre quasi jusqu’à destination. Le chemin boisé offre de fréquentes grandes fenêtres sur la rivière (ok c’est un fleuve mais je n’aime pas ce mot).

On peut imaginer que c’est par ici que les peintres impressionnistes venaient poser leur chevalet. Le courant impressionniste, c’est peut-être le sujet qui revient le plus souvent sur ce blog.
Pour faire court, à la fin des du 19ème siècle, une poignée de peintres rebelles ont décidé de défier toutes les conventions, de sortir les chevalets de leurs ateliers pour aller peindre en extérieur la vie quotidienne et non plus les allégories mythologiques ou religieuse. Ils s’appellent Claude Monnet, Camille Pissarro ou encore Berthe Morisot, et comble de l’affront fait à l’académie ils ne peignent pas ce qu’ils voient mais, en jouant sur les couleurs et la lumière, ils peignent ce qu’ils ressentent, leurs impressions…

Un zeste de vivre ensemble
La promenade bleue traverse plusieurs parcs plutôt fréquentés en ce samedi matin. Des mamies pleines d’énergies armées de bâtons de marche nordique, aux jeunes lycéennes en vacances venues retrouver les copines dans un cadre bucolique, des runners en mode performances aux promeneurs du dimanche en mood détente… la fréquentation est très diverse, à l’image de la population francilienne. Il règne sur ces bords de Seine une atmosphère de vivre ensemble qui n’est pas pour me déplaire.

Passage insolite, une grande passerelle passe au-dessus du chenal qui dessert le port de Nanterre. Vous imaginiez qu’il y a un port à Nanterre ? Alors comme j’ai dans le coin des amies que j’aime un peu chambrer, je leur rappelle que si elles veulent découvrir leurs villes elles peuvent toujours me solliciter.


Le parc des Impressionistes
En arrivant sur Rueil il ne faut surtout pas rater la pépite du parcours, l’incontournable parc des Impressionnistes qui fait face à l’ile des …. devinez quoi ? Hé oui vous l’avez : l’ile des Impressionnistes.

Le parc rend hommage aux peintres qui travaillaient sur leur toile le long de la rivière, il est pensé je trouve comme un tableau de Claude Monet. C’est une très belle surprise.



Le temps de se perdre un peu dans cette belle palette de couleurs, de laisser reposer un peu les mollets, et il est temps de passer aux choses sérieuses : la pause déjeuner.

Dejeuner chez les impressionistes
Pour déjeuner vous avez le choix entre Chatou et Rueil, les deux petites villes cosys se font face, séparées par un pont et la fameuse ile des impressionnistes.

Si vous voulez vous faire plaisir, vous pouvez essayer une des guinguettes historiques de l’ile. Parmi les références vous avez les Rives de la Courtille, ou encore la Maison Fournaise qui a inspiré Renoir sur son Déjeuner des Canotiers. Nous avons essayé sans succès de nous y poser une fois, mais c’était un dimanche et nous n’avions pas de résa.

Si vous voulez faire simple, vous avez à la sortie du parc des Impressionnistes un ilot de restos sympas et sans prétentions, dont Chez Lulu ou encore L’Entre Mer. Des brasseries classiques où vous trouverez assurément votre bonheur. Sinon, un petit casse-croute au calme en regardant s’écouler la Seine, c’est aussi assez magique.

Lors de notre dernière sortie j’ai fait l’erreur de déjeuner un peu lourd, et du coup la montée sur Saint Germain a été difficile. Si vous finissez à Saint Germain, attendez peut-être d’être arrivés à destination avant de déjeuner.

Terminus Saint germain en Laye
Nous reprenons notre chemin vers l’ancienne ville royale. De part et d’autre de la rivière, d’anciennes villas de villégiatures essayent de vivre heureuses en restant cachées. Des vieilles demeures qui nous font voyager quelques siècles en arrière.

Puis c’est la montée sur Saint Germain, qui n’est pas difficile si vous ne sortez pas de table après avoir un peu picolé. Après la cote nous faisons un petit stop Place Royale où j’ai été hébergé quelques semaines dans une vie antérieure, puis nous mettons le cap sur le château et son parc qui dominent toute la vallée.

Le château existe depuis le moyen âge. Louis VI « le Gros », Philippe Auguste ou encore Saint Louis ont contribué à l’agrandir et à le renforcer. Si la plupart des rois n’y étaient que de passages, François 1er et son épouse Claude de France vont y prendre résidence après l’avoir relooké à la mode Renaissance.

Aujourd’hui le château héberge le musée d’Archéologie nationale, ce qui nous donne une bonne raison pour revenir et le visiter.

Le bon plan avec Saint Germain, c’est que c’est un départ de RER. Nous pouvons donc aller sans stress ranger nos vélos dans un train à quai, et rentrer sur Paris en moins d’une heure.

On en reste la les amis avec cette sortie dans les pas des impressionnistes, nous en ferons d’autres en poussant la promenade bleue jusqu’à Conflans et même Poissy.
Pour finir je me suis amusé à ajouter un compteur de vues pour voir si je dépasse quand même les 10 visiteurs :
Et comme toujours, pour vous abonner c’est ici :
Si vous voulez poursuivre sur la Seine à vélo, je vous emmène pédaler au sud de Melun : baladesdenico.com/la-seine-au-sud
Sous les pavés, la bohème.
N.
6 commentaires
Petite balade simple, bucolique et très sympa ! J’ai l’impression de m’être aérée 😉 merci Nico !
Haa merci Pascale, du coup j’ai pas bossé pour rien ça me fait plaiz.
Magnifique photos ! Merci Nico,
J’ai vraiment très envie de m’acheter un vélo 😀
Merci Catherine ! Et oui fonce il reste encore une belle saison pour profiter du vélo !
Je vois que ça ne se laisse pas abattre pendant les pauses ;)!
Héhé, pourtant ça part avec plein de bonnes résolutions 🙂